III.
La société française sous le règne de Louis XIV.
Qu’appelle t on une société d’ordre ?
A.
Une société essentiellement composées de paysans.
A l’image de la population européenne des 17ème
et 18ème
siècles, les 20 millions de Français sont très
majoritairement des ruraux et, à 85% des paysans.
Ceux-ci, dans leurs paroisses (découpage ancien qui correspond aujourd’hui au territoire d’une
commune), sont attachés à des seigneurs plus ou moins puissants, et doivent payer des impôts au roi.
C’est une vie rude et fragile.
A côté des campagnes, se trouvent quelques villes où résident les bourgeois tournés vers le
commerce, ainsi que des artisans.
Cette population dépend étroitement des récoltes de céréales qui sont alors la base de
l’alimentation.
B.
Une société française inégalitaire et divisé en 3 ordres.
Les trois ordres
« Nous ne pourrions vivre ensemble en
égalité de condition ; ainsi il faut par nécessité que
les uns commandent et que les autres obéissent.
Les Souverains commandent à tous ceux de
leur État.
Quant au peuple qui obéit, on le divise par
ordres.
Les uns sont dédiés particulièrement au
service de Dieu, les autres à conserver l’État par les
armes, les autres à le nourrir.
Ce sont les trois
ordres ou États généraux : le clergé, la noblesse et le
tiers état.
Mais chacun de ces ordres est encore
divisé en ordres subalternes, à l’exemple de la
hiérarchie céleste.
»
D’après Charles Loyseau, Traité des ordres
et autres dignités, début XVIIème siècle.
La société française des 17ème
et 18ème
siècles est comme le précise Charles Loyseau
partagé en 3 ordres distincts, le clergé et la noblesse
d’un côté, le tiers état de l’autre.
Ces trois ordres ne
sont pas égaux.
Les deux premiers ordres ne
représentent que 3% de la population, mais
commandent l’ensemble du tiers état qui
représente 97% de la population.
L’appartenance à ces trois ordres est
déterminée par la naissance et non par le mérite.
Selon Charles Loyseau, cette organisation
repose sur le modèle du royaume de Dieu.
Ainsi,
celle-ci est immuable et toute critique est sacrilège.
Cette gravure de la fin du 18ème
siècle est une
critique des inégalités entre les 3 ordres.
Sa légende
est « A faut espérer queu s jeu-là finira ben
tôt ».
Nous pouvons observer un clerc et un noble
installés sur le dos d’un membre du tiers état.
Ce
dernier est courbé sous le poids des inégalités et des
privilèges des deux premiers ordres.
[Moins]