88
Richard Laillier
Poèmes de Pierre Antoine Villemaine
« enfoui dans la nuit »
les yeux éteints
tu l’appelles toujours de la même façon
ce corps frémissant sous les paroles
réceptacle ce qui s’inscrit sur lui
se cherche une consistance
ici c’est continuellement l’aube
promesse d’un visage
ce qui revient...
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88 Richard Laillier Poèmes de Pierre Antoine Villemaine « enfoui dans la nuit » les yeux éteints tu l’appelles toujours de la même façon ce corps frémissant sous les paroles réceptacle ce qui s’inscrit sur lui se cherche une consistance ici c’est continuellement l’aube promesse d’un visage ce qui revient fondu dans la langue se mêle au plus ancien qui perce d’un rêve visage sans contour enfoui dans l’oubli 89 Figure de Narcisse 7, pierre noire sur carton, 40 x 30 cm, 2010.
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Par pa.villemaine
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Publiée le 13 Août 2012
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Une émotion considérable.
Rien d’éclatant cependant.
Remontée connue et
redoutée d’une surprenante angoisse à laquelle j’assistais et qui se
prolongea tout le long du court chapitre final.
Cette fuite m’apparaissait
alors comme la seule issue envisageable.
Cette désertion est nôtre, elle
nous met en faute parce...
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Une émotion considérable. Rien d’éclatant cependant. Remontée connue et redoutée d’une surprenante angoisse à laquelle j’assistais et qui se prolongea tout le long du court chapitre final. Cette fuite m’apparaissait alors comme la seule issue envisageable. Cette désertion est nôtre, elle nous met en faute parce qu’elle s’accompagne de lâcheté ou plus précisément d’un abandon que nous reconnaissons que trop bien. Ce sentiment de défaite nous met à nu, nous expose sans défense, toute honte bue. La conduite de cet homme était illégitime, totalement injustifiable, s’apparentait à une trahison. Et, surprise, bonne surprise, le roman ne finissait pas, il se dissipait, s’évanouissait. Simplement, cet ami, nous le perdions de vue. Par moments, son souvenir - l’ombre de quelqu’un, un oubli, une impression, un sentiment revenaient. Sa disparition faisait retour en moi. Ce qui revenait, c’était très précisément, le sentiment d’un effacement. Douloureuse séparation après ces moments d’
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Par pa.villemaine
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Publiée le 2 Juin 2011
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Quelque chose se retire…
Un extrait a été publié dans la Revue N4728 (Latitude d’Angers)
Cela aurait-il à voir avec un paysage ?
Avec la marche dans un paysage non encore constitué, avec une déambulation ?
Un paysage non pas situé devant nous, à notre disposition, sous la garde de notre regard, mais un paysage en puissance,...
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Quelque chose se retire… Un extrait a été publié dans la Revue N4728 (Latitude d’Angers) Cela aurait-il à voir avec un paysage ? Avec la marche dans un paysage non encore constitué, avec une déambulation ? Un paysage non pas situé devant nous, à notre disposition, sous la garde de notre regard, mais un paysage en puissance, en réserve de possibles ? Ce paysage serait une offrande de temps. Ce n’est pas un lieu sacré, ce serait un lieu d’attente. Une dérive du regard. Une application de l’ouie. Une suite d’instants. Des ouvertures. Des rencontres. Des surgissements. Des croisements de présences et de mots, de matières et de lumières. Pas d’événement - si ce n’est l’ouverture du lieu. (Peut-être plus qu’une vision, une écoute du paysage ? Si écouter, c’est ne plus avoir de représentation mais laisser être et se déployer un contenu vide de sens et d’image ? Si écouter, c’est laisser venir ce qui arrive, sans pouvoir l’anticiper, et puis le laisser filer sans pouvoir ni vouloir l
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Par pa.villemaine
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Publiée le 30 Jan. 2011
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Libération
Quelques réponses d’Edmond Jabès
Peut-on porté au théâtre « le Livre des Questions » d’Edmond Jabès, dont il dit lui-même qu’il est le
contraire de la scène » puisqu’il est le présent de l’écriture ? Pierre Antoine Villemaine tente pourtant la
gageure au Théâtre du Rond Point.
Qu’en attend...
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Libération Quelques réponses d’Edmond Jabès Peut-on porté au théâtre « le Livre des Questions » d’Edmond Jabès, dont il dit lui-même qu’il est le contraire de la scène » puisqu’il est le présent de l’écriture ? Pierre Antoine Villemaine tente pourtant la gageure au Théâtre du Rond Point. Qu’en attend l’auteur ? Une autre dimension ? Rencontre. Pierre-Antoine Villemaine présente au Théâtre Renaud-Barrault. la Mémoire du livre, le Livre des Questions. d après l’œuvre d Edmond Jubés. Qu on la désigne par le terme de théâtre on de spectacle, c est une question qui ne vient qu en second lien : l approche de l oeuvre, publiée en sept volumes chez Gallimard, entre 1963 et 1972. ne se laisse réduire à aucune définition. Elle ne peut qu être anxieuse, ouverte, incertaine, traversée d’instants nus que leu lois de la représentation ne pourront accueillir qu à leur corps défendant. Car l œuvre de Jabès, réflexive, s évase et s évade hors des limites connues du livre, rompt ses appuis, ses
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Par pa.villemaine
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Publiée le 1 Déc. 2010
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Pierre Antoine Villemaine
(Pallaksch, Pallaksch).
Paul Celan, une parole qui fait signe.
Revue Communications de l’École de Hautes Études en Sciences Sociales, Éd.
du Seuil, 2008,
Numéro consacré au théâtre : La question du théâtre aujourd’hui
Mettre en scène la parole poétique de Paul Celan apparaît comme un...
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Pierre Antoine Villemaine (Pallaksch, Pallaksch). Paul Celan, une parole qui fait signe. Revue Communications de l’École de Hautes Études en Sciences Sociales, Éd. du Seuil, 2008, Numéro consacré au théâtre : La question du théâtre aujourd’hui Mettre en scène la parole poétique de Paul Celan apparaît comme un défi à la représentation théâtrale. Elle nous engage à une traversée, à une expérience. Comment, en effet, donner à voir un espacement qui semble n appartenir qu au mouvement secret et peu visible de l écriture ? Attentive à sa provenance et à sa destination la poésie de Celan crée une langue singulière, une langue qui n’est pas à disposition, qui n’est pas donnée, une langue qu’il rebalbutie, qu’il recompose. Elle incite ainsi l’acteur à une autre disposition d’écoute à l’espace, à sa propre présence, à sa propre parole, elle l’engage à se recomposer une voix et un autre corps. Dans les mots qui suivent, nous indiquerons dans un premier temps ce qui const
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Par pa.villemaine
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Publiée le 20 Nov. 2010
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PierreAntoineVillemaine
32 AlléePottier
93320 Les Pavillons sous bois
01 48 50 08 89
Le vertige de l’acteur
AntoninArtaudetles avant-gardes théâtrales.
ColloquedeCerisy,sous la directiond Olivier Penot-Lacassagne,Editions Minard,2005.
« L’emprise physique étaittoujours là.
Ce cataclysme qui étaitmon corps.
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PierreAntoineVillemaine 32 AlléePottier 93320 Les Pavillons sous bois 01 48 50 08 89 Le vertige de l’acteur AntoninArtaudetles avant-gardes théâtrales. ColloquedeCerisy,sous la directiond Olivier Penot-Lacassagne,Editions Minard,2005. « L’emprise physique étaittoujours là. Ce cataclysme qui étaitmon corps. . . Après vingt-huit jours d’attente,je n’étais pas encorerentréen moi ; - il faudraitdire : sorti en moi. En moi, dans cetassemblagedisloqué,cemorceaudegéologieavariée. Inerte,commede la terreavec ses roches peutl’être;- ettoutesces lézardes qui courentdans des étages sédimentaires entassés. Friable,certes,je l’étais,non par fragments,mais toutentier. Depuis ma première prise de contactavec cetteterrible montagne dont je suis sûr qu’elle avait élevé contremoi des barrièrespour m’empêcherd’entrer. Et le surnaturel,depuis que j’ai étélàhaut,ne m’apparaîtplus commequelquechose de si extraordinaireque je ne puisse dire que j’ai été,au sens littéraldu terme
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Publiée le 10 Nov. 2010
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Pierre Antoine Villemaine
Modification
Colloque Maurice Blanchot, Cerisy, juillet 07,
éd.
Parangon, 2009
Textes de Jean-Luc Nancy, Didier Cahen,
Gisèle Berkman, Christophe Bident,
Étienne Balibar…
*
Invisiblement, l’écriture est appelée à défaire le discours dans lequel, si
malheureux que nous croyons être, nous restons,...
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Pierre Antoine Villemaine Modification Colloque Maurice Blanchot, Cerisy, juillet 07, éd. Parangon, 2009 Textes de Jean-Luc Nancy, Didier Cahen, Gisèle Berkman, Christophe Bident, Étienne Balibar… * Invisiblement, l’écriture est appelée à défaire le discours dans lequel, si malheureux que nous croyons être, nous restons, nous qui en disposons, confortablement installés. Écrire, sous ce point de vue, est la violence la plus grande, car elle transgresse la Loi, toute loi et sa propre loi. 1 Transposer sur la scène théâtrale la parole de Maurice Blanchot nous voue à l’inquiétude. Comment en effet laisser cette parole se déployer sans l’arrêter, sans la paralyser dans un discours ou une interprétation ? Comment faire entendre cette voix sans se l’approprier, la communiquer en évitant la parole tranchante qui ne parle pas, mais qui commande ?2 Comment en recueillir l’obscurité, en préserver le silence ? Écrire, c’est s’engager ; mais écrire c‘est aussi se dégager, s’engager sur 1 M. Bla
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Publiée le 2 Oct. 2010
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La nuit nous ôte notre preuve - notes d’un acteur Voix de Koltès, Éditions Séguier, Collection Carnets, 20041
L’acteur s’ouvre au désordre de ses émotions.
Il enregistre en lui des comportements inattendus,
assiste à des remontées affectives qu’il soupçonnait certes mais dont il fait l’épreuve.
Il s’étonne
des...
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La nuit nous ôte notre preuve - notes d’un acteur Voix de Koltès, Éditions Séguier, Collection Carnets, 20041 L’acteur s’ouvre au désordre de ses émotions. Il enregistre en lui des comportements inattendus, assiste à des remontées affectives qu’il soupçonnait certes mais dont il fait l’épreuve. Il s’étonne des histoires qu’il se raconte, des fictions qu’il s’élabore pour se mettre en mouvement. Au début, il joue avec les codes et les figures de rhétorique si présentes dans le texte de Koltès, et puis peu à peu le voilà saisi, atteint. Le voilà joué à son tour, mis en jeu. Surpris, tu le vois qui se laisse peu à peu envahir, traverser, toucher, former, transformer, transporter par une écriture. * Pendant les répétitions, il n’a pas envie de parler et surtout pas d’argumenter. Il sait que la discussion ne fait pas appel aux mêmes états sensibles, aux mêmes états du corps. Il écoute le silence, l’espace. Il assiste son corps qu’il laisse aller à ses propres mouvements. Il se sen
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Par pa.villemaine
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Publiée le 27 Août 2010
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théâtre/public
Approche théâtrale de Georges Bataille
Pierre-Antoine Villemaine
Relisant ces notes qui ont accompagné l élaboration du spectacle réalisé sur l œuvre de Georges
Bataille, m apparaît avec acuité l écart qui existe entre la pratique artistique et son discours.
Mais
les mots, s ils nous détournent de ce...
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théâtre/public Approche théâtrale de Georges Bataille Pierre-Antoine Villemaine Relisant ces notes qui ont accompagné l élaboration du spectacle réalisé sur l œuvre de Georges Bataille, m apparaît avec acuité l écart qui existe entre la pratique artistique et son discours. Mais les mots, s ils nous détournent de ce qu est l événement proprement théâtral, sont cependant essentiels à celui qui pose ici quelques balises, se donne quelques repères. (P-A. V. ) Qu est-ce qui me met le plus radicalement en cause ? Non pas mon rapport à moi-même comme fini ou comme conscience d être à la mort ou pour la mort, mais ma présence à autrui en tant que celui-ci s absente en mourant. Me maintenir présent dans la proximité d autrui qui s éloigne définitivement en mourant, prendre sur moi la mort d autrui comme la seule mort qui me concerne, voilà ce qui me met hors de moi et est la seule séparation qui puisse m ouvrir, dans son impossibilité l’Ouvert d une communauté. (Maurice
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Par pa.villemaine
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Publiée le 6 Juil. 2010
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Théâtre/Public (Juin 96)
“Kafka, Journal “
Pierre Antoine Villemaine
« Ayez la bonté, monsieur, de me laisser jouer, car je suis sur le point d être heureux.
» Franz Kafka
« Comme une vie qui n a plus de sens », dites-vous.
Et j ajoute : il lui reste le sens qu a une vie qui n a
plus de sens - autrement dit il lui reste le...
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Théâtre/Public (Juin 96) “Kafka, Journal “ Pierre Antoine Villemaine « Ayez la bonté, monsieur, de me laisser jouer, car je suis sur le point d être heureux. » Franz Kafka « Comme une vie qui n a plus de sens », dites-vous. Et j ajoute : il lui reste le sens qu a une vie qui n a plus de sens - autrement dit il lui reste le sens. » Michel Deguy 1 - Alors, et Kafka ? - Serait-il d actualité ? - Que vous dire. . . tant de paroles. . . trop de paroles déversées sur l homme et sur l’œuvre. . . - Pourtant vous en parlez à votre tour ! - Oui. . . parole qui cherche, qui n a ni la volonté, ni la prétention d offrir de nouvelles révélations. . . - Heureusement, il y a le bonheur d une rencontre ? - Oui, et pas seulement pour nous, égoïstement. Peut-être le geste de mettre en scène une partie du Journal de Kafka ne trouve-t-il de légitimité que dans le désir de partager une vibration avec d autres. Non pas en vue d une illusoire communion, mais pour accueillir ensemble cette parole singu
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Par pa.villemaine
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Publiée le 6 Juil. 2010
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