LE BUT – NUMERO 1 LE MENSUEL DE FOTBALE ET DU MOUR MARDI 10 FEVRIER 2009
page 4 – « Maman, je peux avoir du chocolat ? » « Y en a dans le placard, va donc te servir » « Mais, maman, je peux pas, tu sais bien que j’ai pas de bras » « Pas de bras, pas de chocolat… Non, je rigole, tiens, attrape ! »
Vue aérienne du terrain d’entrainement de
l’AS Besakoa Toliara au milieu des salines
L’histoire furtive du mois…
LA PLAINE DE COINTE
La
colline de
Cointe
provient,
comme
les Alpes,
de la
collision
entre la
plaque
tectonique africaine avec l’eurasiatique.
Elle
domine la vallée liégeoise et est rapidement
devenu le refuge de familles aisées.
La
plaine (sur laquelle la IV joue) en a toujours
fait partie, pourtant, ce n’est qu’avec
l’Exposition Universelle qui se tint à Liège
en 1905 que des aménagements importants
y furent réalisés.
Après 1905, les espaces
consacrés à l Exposition servent de terrain
de manoeuvre pour l armée.
Elle en restera
la propriété jusqu’en 1927.
Par la suite la
plaine deviendra parc public, avec la
création d une vaste zone à vocation
récréative et l’implantation du couvent des
Filles de la Croix – qui deviendra plus tard
l’école maternelle encore en place
aujourd’hui - en son sein.
La plaine de jeux
verra également le jour en ces années
précédant la Grande Crise.
Il faut ensuite
attendre les prémices de la Guerre, pour que
de nouvelles constructions soient
programmées.
Elles ne seront pas
entreprises immédiatement, invasion
allemande oblige, cependant la rapide
abdication de l’Etat belge et la présence du
Quartier général allemand sur les hauteurs
cointoises permirent des travaux rapides.
Dès 1943, des installations sportives seront
ajoutées : un terrain de football, une piste
d’athlétisme, des terrains de tennis ainsi
qu’un hall omnisport.
Le terrain sera
inauguré par le prince congolais, JeanMoïse Kalala et par le général
collaborationniste, René-Florient Stoupertz
le 11 mai 1943.
Le premier match d’alors
opposait l’équipe des officiers anglais de
Brandingtown Hall au Cuirassé de
Potemkime, équipe de mineurs de la région.
Le premier buteur sera Gianfranco De
Mineris mais le Cuirassé s’inclinera
finalement 3-7.
A noter la belle prestation
d’Edouard Balladur au sifflet, on sera appelé
à le revoir dans les ligues amateurs qui
verront le jour dans les années 50.
Une
autre date importante dans l’histoire de la
plaine, est le 22 novembre 1973 où, suite
aux attentats de Dixmude, une
manifestation de Kurde-tamouls est
organisée et fortement réprimé par le PRL
et une milice locale.
En signe de
protestation, les Kurdes, emmenés par
leur leader Farès Aziz Piroulet, revinrent
sur la plaine organiser une marche verte
et silencieuse qui tourna
malheureusement au drame.
Irrités par
les cris imitation babouin qui émanaient
des habitations voisines et
presqu’encerclés par des Berbères
envoyés en renfort par les autorités
liégeoises, une dizaine de KurdesTamouls se précipitèrent vers l’Araignée
fraîchement construite et s’y pendirent.
En hommage une statue de Moustache
géante a été construite plus haut dans le
bois et, chaque 13 septembre, le
bourgmestre et l’échevin de la culture
viennent chanter ‘La petite Kurde’ de
Pierre Perret.
Depuis on se consacre
principalement au football même si
Justine Henin est venue perdre 6-2 6-2
contre Marie-Antoinette de Velquivier en
1996, faisant la renommée de cette B-4,
par ailleurs fort laide.
La chronique malgache
En direct de Tuléar, le 4 février 2009
L’année 2009 commence sous le soleil dans le sudouest de Madagascar.
C’est la saison chaude et la
pluie qui se déverse sur les hauts plateaux et à
l’est de l’île, parfois sous la forme de cyclone,
semble ne pas vouloir arriver jusqu’ici… Tant mieux
pour les inondations et tant pis pour les sportifs
de la ville qui, de toute façon, ont l’habitude de
s’entrainer sous le cagnard.
Certains
d’entre eux, pour échapper aux rayons
intraitables du soleil, choisissent
l’aurore ou le crépuscule pour s’adonner à
leur sport favori tandis que d’autres…
Au nord ouest de la ville, les grandes
artères du centre laissent place aux rues
en sable, plus étroites et sinueuses,
chargées d’odeurs de cuisine, d’ordures, de
poissons séchés ou encore d’huile de coco.
Des gens s’activent autour des étales à
légumes en bordure des routes sous l’œil
endormi des tireurs de pousse-pousse
garés à l’ombre des cocotiers.
Plus loin,
le nombre de maison en bêton diminuent et les
espaces entre les cases s’agrandissent.
De temps en
temps, de fines croutes de sel tapissant le sol
nous rappelle que la mer n’est pas loin et que nous
approchons des salines.
Une fois les dernières
habitations franchies, on peut les apercevoir et
observer le silence de cet espace immense dédié à
la seule production du sel, seule activité
économique du quartier avec la pêche.
Au loin,
quelques silhouettes d’hommes transportant leurs
rames, leur filet et les fruits de leur travail.
Ils ont laissé leur pirogue sur une plage que les
dunes, au loin, empêchent d’apercevoir.
Et
pourtant, la mer est là et nous profitons du vent
qu’elle nous offre, à défaut de fraicheur…
Ambohitsabo, Besakoa, Tsianaloka, Antaninarenina…
Des quartiers à l’ambiance particulière
dont je désirais vous parler dans ce
premier numéro parce que l’importance
du sport y est prédominante.
De
l’athlétisme, du rugby, du basketball
et même du handbal.
Mais surtout, du
football ! Le quartier de Besakoa a
donné à Tuléar dans les années 70’s
trois titres de champion de Madagascar.
Le stade de la ville porte d’ailleurs
le nom d’une des légendes de l’époque :
Maitre Kira, un numéro 10 aux allures
platiniennes d’après les souvenirs…
Dans le quartier de Besakoa, il y a
donc une équipe de football : l’Association
Sportive Besakoa Toliara avec laquelle j’ai la
chance de m’entrainer.
Et parce que les matchs ont
lieu la plupart du temps entre 11H et 16h, Maitre
Jacques, l’entraineur actuel mais très critiqué,
l’a décrété : on s’entraine du mardi au vendredi à
12h30 ! Tant pis pour les coups de soleil…
Billet dʼhumeur
A + B = IV
Sʼil doit y avoir un scoop dans
ce premier numéro, cʼest bien
la confirmation que le noyau de
lʼéquipe IV est assez large
pour former 2 équipes ! Il fallait
que ce soit inscrit noir sur
blanc pour le croire.
Alors
comment expliquer nos
problèmes récurrents de
convocation et dʼorganisation ?
Chacun trouvera sa réponse à
cette question.
Revenons en au jeu et à la
possibilité de former une
équipe capable de forger de
bons résultats dans cette
deuxième partie de saison et
de se préparer à jouer les
premiers rôles en 2009-2010.
Le jeu doit être la priorité de
tous.
La seule préoccupation
de cette saison est de trouver
une osmose footballistique, un
fond de jeu.
Le reste nʼest que
baliverne (buvette, comptes,
tournoi, terrain,…).
Quand les
25 joueurs du club seront
branchés sur la même
longueur dʼonde footballistique,
alors nous pourrons battre les
josétois, les froggers, stoumont
et faire bonne figure face à
grâce-berleur.
Car lʼannée
prochaine, les pompiers et le
celtic mortier seront des
adversaires redoutables et il
faudra se montrer compétitif
dès le début de la compétition,
avoir de objectifs clairs et
choisis collectivement.
Pour arriver à atteindre les
objectifs, nous ne serons pas
assez de 25 mais il faut se
réunir et pour cela un match A
contre B, serait lʼidéal…et si
cʼétait ça, le match de
lʼannée ?
LeprojetduMois:LabolimBezo
Ce mois, nous vous présentons le projet de Lionel.
Comme vous le savez, il
est à Madagascar, mais
cela, il vous l’explique
mieux que nous ci-dessus.
Son projet –Labolim
Bezo- consiste à mettre en
place une école de jeune
couplée à une formation
scolaire suivie.
Ce sera la
première école de formation comprenant un projet éducatif dans le pays.
A
la rentrée prochaine, ils
comptent créer leur première équipe de jeunes : les
12-14 ans.
Parallèlement
l’infrastructure dans laquelle prendrait place
Labolim Bezo sortirait de
terre.
À partir de l’année
suivante, le suivi de cette
première équipe serait
complété par la création
d’une seconde et ainsi de
suite jusqu’à ce que les
tranches d’âges de 12 à 18
soient créées et que la
formation prenne une
tournure plus professionnelle encore.
Pour mettre en place ce projet, ils
recherchent toute sorte
d’aide.
Une aide financière bien sûr, et ce quelle
qu’elle soit, mais aussi des
équipements, du matériel
et puis pourquoi pas une
aide morale : en parler
autour de soi.
Toute personne intéressée
pour un don quelconque
est la bienvenue et
d’ailleurs, un document
explicatif de qualité peut
être présenté sur demande
Edito
Le foot est mort, Vive le foot.
L’humour est mort, vive l’humour.
Notre sport est dans un tournant.
Il suit
un chemin logique mais implacable
depuis sa professionnalisation, il s’est
toutefois engagé dans un dangereux
virage depuis 1995 : l’arrêt Bosman.
Bosman a prolongé, agrandi, écartelé
ce chemin.
Soyons clair, si ce n’était
lui, ç’aurait été un autre, mais son arrêt
a eu un effet retentissant.
Le joueur
devient un travailleur comme un autre,
il est traité comme un autre ; en fin de
contrat, il est libre de faire ce qu’il
veut, pendant son contrat, il a de plus
en plus de liberté.
Le club devient une
entreprise, il doit gérer ses employés
pour qu’ils ne partent pas.
Ses
employés…ses employés ne sont pas
devenus des employés comme on en
connaît dans la plupart des entreprises.
Ceux qu’il doit gérer sont aujourd’hui
des millionnaires qui n’ont pas fait
d’études, qui ne gèrent même plus euxmêmes ni leur contrat ni leur image.
Souvent ils disent qu’ils n’auraient su
que faire s’ils n’avaient été footbaleux.
Souvent ils paraissent dépassés par les
sommes auxquelles leurs qualités leur
donnent accès, ou plutôt donnent accès
à leur agent et aux clubs intéressés.
Le
football est entré de plain-pied dans le
capitalisme, aujourd’hui il est un des
parangons.
L’argent ne veut plus rien
dire, la professionnalisation a signifié
en quelque sorte la mort du football de
papa, mais le sport reste le plus
important, c’est grâce à lui que nous
continuons à apprécier le football
comme un exutoire.
Il permet
d’exprimer son patriotisme et sa haine
envers d’autres nations via une certaine
pacificité.
Il permet surtout de mesurer
notre orgueil de Belge au prorata des
qualités footballistiques des autres.
Là
aussi une évolution importante apparaît
aujourd’hui.
Il y a dix ans, chaque pays
envoyait son champion se mesurer aux
autres.
Il y a 15 ans, Anderlecht était
en demi-finale de la Coupe des Clubs
Champions.
Aujourd’hui, les Anglais
envoient 3 de leurs clubs en demifinale.
Hier c’était les Espagnols.
Existe-t-il une manière d’éviter que
demain ce ne soient les Allemands ?
Peut-être Michel Platini a-t-il la
réponse, peut-être est-il sur le bon
chemin, en tout cas il semble chercher
à enrayer cet état de fait, il semble
vouloir retourner au football de son
père.
Il veut des petites nations
représentées au plus haut niveau, il
veut plus de Famagouste, plus de Bâle,
plus de Dynamo Kiev, il veut que
chacun ait sa place, quel que soit le
niveau du championnat duquel il
provient.
Pourtant, comment enrayer la
marche en avant du G14 et du footballbusiness ? Comment éviter que dans 5
ans, dans 10 ans, on se retrouve dans
une NBA européenne où chaque club
doit gagner sa place à coups de dollars
et où les téléspectateurs, heureux, se
repaîtront de Juventus-Barça tous les
mardis.
C’est peut-être ça l’objectif de
demain : empêcher la mort des équipes,
des clubs implantés régionalement,
empêcher des Josétois de venir pourrir
la saison de tout un club, de toute une
division pour leurs seuls beaux yeux,
leur compte en banque ou leur
relations…
William Waseige
dit Wiwou
Nationalité : Belge
Né le 5 février 1972 à Rocourt (Belgique)
Taille : 1,78 m - Poids : 77 kg
Clubs successifs : RFC Liégeois (79-92), Royale Juprelle Union, Oreye,
Olympic de Charleroi, RFC Prayon, FC Couthuin, Waremme, SeraingRUL, REV Chaudfontaine, FC l’Equipe IV (depuis 2001)
Principaux titres avec la IV : Montée de D3 en D2 ALFA (2001),
Vainqueur de la Coupe ALFA (03), Champion de D2 ALFA (05),
Champion D3 RIL (08), Meilleur buteur de D2 ALFA (05) et D3 RIL (08),
Ballon d’Or ALFA 2006
William a appris le football dans une des meilleures écoles de
jeunes du pays, en même temps, il travaille sa souplesse et son
sang-froid en pratiquant le Viet Vo Dao.
A 21 ans, il quitte le
RFC Liégeois pour entamer son tour de Wallonie des promotions
(P1, P2…), il n’y a qu’en PJ qu’il n’a pas joué.
La troisième partie de sa carrière, et la plus réjouissante d’après
ses mots, se déroule avec l’équipe IV.
Peu après son arrivée, en
2001, il devient vite une pièce maîtresse en enchaînant les titres
de meilleur buteur comme on enfile les perles.
Son jeu est basé
sur la simplicité et une technique de balle léchée ; une de ses
principales qualités, et non des moindres, est qu’il fait progresser
les joueurs qui sont à ses côtés.
Seule ombre au tableau, son
passage au poste d’entraîneur qui n’apporta pas les résultats
espérés.
Revenons-en à son palmarès, qui compte un ballon d’or
ALFA mais aussi et surtout 6 titres de meilleur buteur de l’équipe
sur 8 saisons jouées dont une saison (2002-2003) à laquelle il ne
participa guère car parti en Algérie pour officier en tant
qu’entraîneur adjoint de l’équipe nationale.
Les chiffres parlent
d’eux-mêmes et ne souffrent d’aucune discussion, présent à
chaque match, 161 buts à son actif (série en cours), il est le
meneur de jeu qui a mené la IV vers ses plus grands succès.
De
Julio à Fernand en passant par Ralfy, tous les coachs de la IV
étaient ravis d’avoir un joueur de cet acabit dans leur effectif.
[Moins]