Quand Dieu parle
Saint Jean de la Croix et la lectio divina
Sr Pascale Dominique de Sainte Thérèse
Bayonne
Introduction
La Sainte Écriture était, pour saint Jean de la Croix, la première des quatre
« sources » de vie chrétienne et spirituelle : 1.
la Sainte Écriture, 2.
l’Église (avec ses
ministres), 3.
l’expérience et 4.
la science1
.
C’est sur elle qu’il appuya l’enseignement
dans ses écrits, tout en les soumettant humblement à la vigilance du Magistère.
Au
début du prologue de la Nuit obscure il écrit :
… je me servirai pour tout ce que, avec la faveur divine, j’aurai à dire (au moins pour le plus
important et obscur à entendre) de la Divine Écriture, laquelle prenant pour guide nous ne
pouvons errer, puisque celui qui parle en elle est le SaintEsprit2
.
et nous trouvons une affirmation analogue et complémentaire au début du prologue
de la Vive flamme :
… je soumets le tout à meilleur avis et au jugement de l’Église catholique romaine, notre
Mère – et qui la suit ne peut errer.
Ce qu’étant présupposé, m’appuyant sur la Sainte
Écriture, (…) je m’enhardirai à dire ce que je saurai.
Mais bien avant d’être la norme de sa doctrine, elle était pour lui la base de sa vie
et essentiel dans sa relation personnelle avec Dieu ; c’est ce que nous voyons quand
nous nous penchons sur le thème de la lectio à travers ses textes.
Nous allons répartir notre enquête en deux parties : 1) les « préalables » de la lectio
divina et 2) sa pratique, où nous soulignerons notamment le rapport de saint Jean
avec la Tradition.
Pour donner son relief à chacune de ces parties, nous allons citer
abondamment les textes de saint Jean de la Croix.
Car, si – comme le disait Origène –
on comprend saint Paul en lisant saint Paul, on comprend aussi saint Jean de la Croix
en lisant saint Jean de la Croix.
1
Au sujet de ces sources, voir Frederico Ruiz, Saint Jean de la Croix mystique et maître spirituel (Cerf,
1997).
2 Sauf autre indication, les traductions des œuvres de saint Jean de la Croix sont celles du Père
Cyprien.
[Moins]