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Christian Jacomino
cjacomino@gmail.
com
Lire en quatuor
Le but d’une séance de travail est de permettre la mise en voix par tous les élèves du
groupe d’un conte dans son entier.
Pour ce faire, le groupe est partagé en quatuors.
Chacun de
ces quatuors prend en charge un chapitre, dont la lecture sera préparée entre soi (ce qui suppose que les élèves conviennent de l’attribution des voix).
Un espace scénique est marqué, au centre ou au fond de l’atelier, voire aux quatre coins,
par la disposition de quatre postes de lecture (assis, debout, perché sur la table du maître).
Les membres du premier quatuor quittent leurs places habituelles à l’intérieur du groupe
pour venir prendre possession de la scène.
Ils donnent lecture du premier chapitre.
Puis ils
quittent la scène, regagnent leurs places, et ce sont les membres du second quatuor qui se lèvent à leur tour.
Ainsi jusqu’à la fin.
Il est important que les déplacements soient accompagnés de musique, car celle-ci donnera au travail des lecteurs une qualité de rythme (lent) et de solennité favorable à l’invention de
quelques pas dansés.
La lecture concertante n’est pas conçue pour donner lieu à des représentations de type
théâtral.
D’abord, parce qu’il est important qu’un élève ne s’attache pas à un rôle, ce qui réduirait son champ d’exploration du texte.
Ensuite, parce que la parole se doit d’y conserver un
caractère intime: celui d’une veillée devant un feu de cheminée, ou d’une conversation de
salon, entre « beaux messieurs » et « belles dames ».
Néanmoins, rien n’empêche d’accueillir
à ces lectures des publics restreints: dans une école, bien sûr, ou une bibliothèque, dans le hall
d’un musée, la salle de jeu d’un hôpital, ou même dans un jardin.
Notons enfin que ce dispositif de lecture permet de revenir sur les mêmes textes, à intervalles réguliers, tout au long d’une année scolaire, voire une année après l’autre.
Les élèves ne
se lasseront pas de modifier l’ordre de leurs interventions, de choisir d’autres musiques enregistrées ou qu’ils joueront eux-mêmes, d’inventer d’autres danses.
Surtout, ils découvriront
que la richesse d’un classique ne s’épuise jamais.
Remarques - La constitution des quatuors demande beaucoup de soin.
Il s’agit de faire en
sorte que les élèves les plus en difficulté s’y trouvent encadrés et soutenus par les élèves plus
habiles.
Pendant tout le temps que dure la lecture d’un chapitre, chaque membre du quatuor
doit exercer une attention soutenue afin de pouvoir intervenir quand il le faut, bien souvent au
milieu d’une phrase, et comme il le faut, c’est-à-dire en faisant en sorte que la hauteur de sa
voix, son intonation, le rythme de sa lecture, s’harmonisent autant que possible avec ceux de
ses partenaires.
La parole se prend et se rend parfois très vite.
Cette circulation jamais hâtive fait que
s’exerce, à l’intérieur du groupe, une sorte d’harmonisation naturelle, ou d’autorégulation des
différents traits de la diction.
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