Me Philippe Lemaire - Avocat - S. Durand-Souffland
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Goldmund
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Yvan Colonna comparaît à partir d?aujourd?hui devant la cour d?assises de Paris
pour l?assassinat du préfet de Corse, Claude Érignac, le 6 février 1998, à Ajaccio.
Dans ce procès très attendu, Dominique Érignac, la veuve de la...
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Yvan Colonna comparaît à partir d?aujourd?hui devant la cour d?assises de Paris
pour l?assassinat du préfet de Corse, Claude Érignac, le 6 février 1998, à Ajaccio.
Dans ce procès très attendu, Dominique Érignac, la veuve de la victime, est
conseillée par Me Philippe Lemaire, l?un des ténors du barreau de Paris.
L??il rond pétille comme celui d?un Gavroche, le rire fuse, canaille, tonitruant, à
fendre le marbre glacé des vieux palais de justice, mais au revers du veston, la
rosette rouge plastronne sur son canapé d?argent et trahit le commandeur de la
Légion d?honneur.
Tel est Philippe Lemaire, notable fripon, filou respectable,
avocat de son état.
À 72 ans ? on lui en donne dix de moins ?, il conseille Dominique Érignac, la veuve
du préfet de Corse assassiné à Ajaccio en 1998, au procès de celui qui est accusé
du crime, Yvan Colonna.
Disons-le tout de go : en choisissant le barreau, Me
Lemaire n?a pas fait preuve d?une imagination débridée : «C?est consternant»,
rigole-t-il.
Son grand-père était avocat, comme son père, comme son demi-frère,
comme, plus tard, sa s?ur et son deuxième fils, comme sa compagne.
Dans la
dynastie, il y a bien une fille bruiteuse de cinéma et un fils professeur de
philosophie, mais si les Lemaire devaient graver une devise sur leur blason, celleci pourrait être : «À Dieu ne plaide.
»
Son demi-frère avec qui il a été élevé, s?est fait un petit nom dans les
prétoires : il s?agit de l?académicien Jean-Denis Bredin.
Le père, Jean, fut
bâtonnier de Paris, partie civile au procès Stavisky et, aux côtés de Jacques
Isorni, l?un des défenseurs du maréchal Pétain, ce qui lui valut d?injustes
déboires professionnels.
Philippe Lemaire, lui, fut l?un des plus farouches adversaires de la guillotine.
Dans les années 1970, il sillonnait la France, en tant que vice-président de l?
Association française contre la peine de mort, dirigée par une femme hors du
commun, Georgie Viennet.
«Nos réunions rencontraient des succès mitigés, se
souvient-il.
Un jour, à Colmar, il n?y avait que six personnes : on a tous fini au
bistrot.
»
Bilan, non exhaustif, de cet engagement : une voiture saccagée à Troyes, des
centaines de lettres de menaces de mort et, à chaque anniversaire de l?exécution de
Roger Bontems, un gâteau expédié par colis, décoré d?un échafaud et d?«un gars
coupé en deux», agrémenté de la formule «Bon anniversaire».
Bontems, c?était le mutin de Clairvaux entraîné sur le théâtre d?un carnage par le
terrifiant Claude Buffet et qui, bien que n?ayant tué personne, sera exécuté avec
son codétenu.
Ses conseils s?appelaient Philippe Lemaire et Robert Badinter.
Le second, devenu
garde des Sceaux, écrira dans la foulée un chef- d??uvre, L?Exécution, et abolira
le châtiment suprême.
Le premier, resté au barreau, est de ceux qui ont rendu cette
avancée possible.
Aujourd?hui encore, l?avocat qui a entendu requérir sept fois la
peine de mort contre lui et qui a accompagné un client au supplice frémit de dégoût
à la simple évocation de l?échafaud.
En ces temps mouvementés où l?on joue sa tête depuis le box, Me Lemaire arpente les
tribunaux sans désemparer.
Il est, avec ses confrères Thierry Lévy, Henri Leclerc
et Jean-Louis Pelletier, la bête noire du président des assises de Paris, André
Giresse, partisan notoire de la guillotine.
Avec Me Pelletier, Philippe Lemaire défend notamment Philippe Maurice, le dernier
condamné à mort français, qui ne sera pas exécuté et deviendra historien.
Il plaide pour des militants du FLN ou des activistes de l?OAS? Il se souvient
[Moins]
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