Marché des mangas
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80 CARACTERE - Juin 2007 - N°632
M a r c h é s
D o s s i e r
L'ÉDITIONUn univers
qui explose
S
elon les chiffres du SNE (Syndicat national de l'édition), le
segment des mangas dans la
bande dessinée a été marqué en 2005
par une...
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80 CARACTERE - Juin 2007 - N°632
M a r c h é s
D o s s i e r
L'ÉDITIONUn univers
qui explose
S
elon les chiffres du SNE (Syndicat national de l'édition), le
segment des mangas dans la
bande dessinée a été marqué en 2005
par une croissance de 22,9%.
Par
ailleurs, une enquête menée par Ipsos
surl'année2006créditecegenred'une
progression de l'ordre de 20% par rapport à l'année précédente.
Les 47 millions d'euros de chiffre d'affaires générés par les mangas en 2005
ontreprésenté22%dusecteurdelaBD,
cedernierétantlui-mêmelaplusgrosse
partdel'éditionfrançaise,avec211 millions d'euros de CA.
Le marché du
manga explose et les éditeurs continuent d'affluer sur ce segment, alors
que Kana, Glénat et Pika les trois
spécialistes de ce secteur engrangent
à eux seuls 70% des ventes (d'après
Ipsos).
On parle de saturation du marché, de difficultés plus grandes qu'il y
a deux ou trois ans pour les éditeurs,
contraints sans cesse de sortir de nouvellesséries.
Parconséquent,faceàcette
pléthore de titres, «pour les libraires
commepourlesparentsquiconnaissent peu ce domaine, c'est difficile de
s'y retrouver», constate Yves Schlirf,
directeurdeKana(Dargaud-Lombard).
Mais «la surproduction a du bon,
affirme Nadia Guibert, responsable
éditoriale de Sakka (Casterman), car
elle favorise les découvertes.
Même si
c'est vrai que la durée de vie du livre
est plus courte et que nous n'avons
pastoujourslesmoyensdebienfaire
connaîtrenosproductions»,regrettet-elle.
ChezAkata(Delcourt),Dominique Véret, grand défricheur du manga
depuis vingt ans, affirme pourtant que
«l'expansion n'est pas terminée.
Le
mangavacontinueràconquérirdes
niches et de nouveaux publics.
Cest
un phénomène de société en pleine
époque de mondialisation».
Unphénomènefaitdebandesdessinées
venues du Japon, imprimées pleine
page en noir et blanc sur des formats
de livre de poche.
Un succès mêlé de fascination
Qu'ont-elles donc, ces histoires, pour
tantfascinerlesFrançais?Ellesparlent
de héros qui vivent aussi bien dans des
mondesimaginairesquedanslessociétés modernes où ils affrontent les difficultés de la vie à l'école, du travail, du
sport, de l'amour, de la guerre, etc.
La
fantaisie, le rêve, le cauchemar, l'exotismedesentimentsextrêmes,différents
de ceux de l'Occident, les graphismes
inhabituels, la rapidité de l'écriture
ponctuée d'onomatopées, les mises en
scène et les cadrages proches de ceux
du cinéma, suscitent l'attention et le
plaisir du public.
L'énormepopularitédumangarivalise
désormaisaveclesgrossespointuresde
la bande dessinée franco-belge, au
point d'inquiéter les meilleurs d'entre
eux.
Interrogé sur leur succès il y a un
an(cf.
le quotidien bruxellois LeSoir,
en février 2006), le grand Moebius,
admirateur et ami de ses confrères japonais, avertissait pourtant en ces termes:«Noussommestrèsouvertsaux
autres, le succès des mangas en atteste.
C'estuneforceetunepreuvede
notre capacité à assimiler toutes les
formes de culture.
Mais c'est aussi
une faiblesse si nous prenons tout
sans rien renvoyer.
»
Pour l'heure, ados et adultes raffolent
des mangas et les éditeurs sont nombreux à se disputer les droits de reproduction et d'adaptation.
La France est
le deuxième pays au monde consommateurdecegenre,aprèsleJapon.
Elle
a été la première à l'importer et l'a popularisé grâce à la télévision, à la fin
des années 80, dans des émissions qui
n'ont pas eu que des adeptes.
«C'était
considéré comme pire que tout.
On a
sFace à la grande
popularité des
mangas auprès
du public français,
les éditeurs du genre
sont de plus en
plus nombreux.
Ils
se sont partagé un
marché de 120 titres
par mois en 2006.
Dossier réalisé
par Mireille Pinsseau
Des livres imprimés
en noir et blanc,
au format de poche
Le best-seller
42 tomes et 27 millions d'exemplaires
vendus en France depuis 1993.
n L'activité
Le marché du manga augmente
d'environ 20% chaque année
depuis 2000.
Mais il n'est pas
encore stabilisé.
n Les perspectives
Elles sont très bonnes, la production
japonaise étant prolifique
et les lecteurs français de plus
en plus nombreux.
n Les donneurs d'ordre
Une trentaine d'éditeurs sont
sur le créneau, trois d'entre eux
détenant 70% du marché.
n Les prestataires de services
Trois gros imprimeurs emportent
de colossaux tirages.
L'essentiel
Dragon Ball, édité chez Glénat
Les 42 tomes de l'édition française
de Dragon Ball se sont vendus à
27300000 exemplaires depuis
1993, date de leur première publication sous la houlette de Jacques
Glénat.
Contrairement à ce qui
s'est passé au Japon, l'aventure de
Dragon Ball et, par la même occasion, le lancement du manga en
France, ont commencé à la télévision.
Au début des années 90,
apparaît sur TF1 un jeune garçon
doté d'une queue de singe, Son
Gokû.
Il est fort, courageux, naïf
aussi, et part à la recherche de
sept boules de cristal disséminées
aux quatre coins du monde qui, une
fois réunies, permettont d'exaucer
un voeu.
Glénat prend le risque
d'éditer le manga correspondant
au dessin animé.
C'est un succès.
Dragon Ball prône des valeurs universelles de courage, d'amitié et
de respect de l'autre (y compris de
son ennemi).
Publiée sur sept ans,
la série des 42 épisodes se vend
à plus de 200000 exemplaires
par tome, avec une diffusion
moyenne de 50000 exemplaires
par titre.
Pour la seule année 2006,
il s'est vendu 1,8 million d'exemplaires, tous titres confondus.
L'engouement ne diminuant pas,
les rééditions se succèdent, des
coffrets reprennent la série avec,
en ce printemps 2007, la sortie du
n°15 qui comprend les volumes
29 et 30.
Dragon Ball est imprimé
par Maury (45).
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