« Livres de famille »
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« Eric-Emmanuel Schmitt, mozartien en Beethoven » « Livres de famille » Visions-miroirs autour de Eric-Emmanuel Schmitt, écrivain Par Jeanne Morisseau Paris, le 5 avril 2008 « Je vous ai connu grâce à la nouvelle « La rivale » parue dans « Le monde de la musique » en septembre dernier… ». Ah ? ». L’ information semble l’ intéresser, comme un retour inattendu des choses. Je connaissais son nom. En 2002, je me souviens, j’ avais été très réactive à l’ annonce de la parution d’ un de ses livres. Pour produire un tel effet sur moi, ce devait être son essai sur Mozart. Il faudrait vérifier cela, mais ayant donné et envoyé tous mes livres à ma mère, et retourné tous les prêts de ma sœ ur après lecture – c’ est-à-dire presque immédiatement après le prêt – je ne saurai rien affirmer avec précision. Il est certain que ses livres ont déserté ma maison pour s’ en aller ailleurs, frapper l’ imagination, dans l’ urgence, d’ autres êtres chéris avec lesquels on aime à partager l’ ambroisie des mots, des histoires. Car, l’ homme brûle et fascine, et l’ une des particularités de son écriture, très contemporaine, est qu’ elle se lit vite, se dévore presque, dans une profusion de plaisir ; générosité – maître mot en poésie, comme ailleurs, en littérature, en art purs – qu’ il nous transmet, j’ en suis sûre, à travers sa vision rieuse et amoureuse du monde, où le bonheur découle de la bonté des hommes. Pourquoi est-ce que j’ aime les artistes-philosophes ? Eric-Emmanuel Schmitt se réclame de Diderot (Denis, né en 1713 et mort en 1783 ; encore un copain de Goethe). Et les mystiques-humanistes ? Mystique, il en est, il vient de le dire à tout le monde, depuis sa longue nuit dans le désert où il découvrit « l’ altérité ». Je brûle de lui poser des questions à ce sujet. Je me retiens, par pudeur. Je me contente de prendre le micro – qui fait son horrible larsen dont j’ ai l’ habitude et qui me fait sourire – et lui demande la signification de ce titre « tectonique des sentiments ». Je ne peux m’ empêcher de sourire à cet homme quand je m’ adresse à lui. « J’ ai eu la curiosité de chercher dans le dictionnaire, et le terme que j’ ai trouvé m’ a paru extrêmement technique et ne justement pas d’ adapter aux sentiments… ». Là-dessus, il sourit, il a l’ air heureux qu’ on pose cette question. Ca prouve une chose, mais ça, je ne le sais pas