Grands penseurs en éducation- Michael Ernest Sadler
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
473-489.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
473-489.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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MICHAEL ERNEST SADLER
(1861-1943)
James Henry Higginson1
Né en 1861 à Barnsley, dans une famille aux idées radicales du nord industriel de
l’Angleterre, Michael Ernest Sadler mourut à Oxford en 1943.
Son existence coïncida avec
une période de l’histoire européenne marquée par des mutations accélérées.
Sa pensée se
nourrit de trois révolutions : la Révolution française de 1789 (ce n’est pas un hasard si, à
Manchester, Sadler ouvrait toujours son cours magistral sur ce thème), la Révolution
industrielle qui avait transformé son propre pays au XIXe siècle et la Révolution russe de
1917.
En sa qualité de sujet britannique, il fut le témoin de trois guerres : la guerre des Bœrs
qui eut pour cadre l’Afrique du Sud au début du siècle, le conflit de 1914-1918 qui dressa
les nations d’Europe les unes contre les autres et le déclenchement de la seconde guerre
mondiale, en 1939.
Il assista également aux tentatives faites pour créer de nouvelles
structures internationales comme la Société des Nations, et au passage progressif du
colonialisme et de l’impérialisme à l’instauration du Commonwealth.
Lorsqu’on se penche sur la longue existence de cet homme dynamique, on constate que ces
diverses influences se sont combinées pour façonner sa pensée et ses idéaux sociaux, et lui
inspirer des stratégies cohérentes d’action et de progrès.
Les années de jeunesse
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Sadler était attaché à la tradition britannique dont il était l’héritier.
Ses jeunes années furent
marquées par le fait que l’un de ses ancêtres, Michael Thomas Sadler, avait été l’un des
pionniers de la législation sur le travail (Factory Acts).
Ses premiers souvenirs portent
l’empreinte de ses contacts avec les dirigeants du mouvement ouvrier du nord de
l’Angleterre, qu’il devait évoquer en ces termes :
« Je mesure combien la religion donna de profondeur à leurs conceptions et affermit leur jugement,
empêchant leur intelligence des valeurs économiques de sombrer dans un matérialisme vulgaire.
Cet héritage
commun agit comme un ciment social.
La tradition sociale est le creuset de l’éducation
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».
Sadler reçut une éducation scolaire caractéristique de son temps.
Elle lui apporta une
formation diversifiée qui devait transparaître tout au long de sa vie dans sa vision du
processus pédagogique et du contenu de l’éducation.
A l’âge de dix ans, il fut envoyé dans un
pensionnat privé de Winchester où l’ambiance était fortement conservatrice.
Sadler écrira plus
tard :
« Imaginez l’effet que produisit sur mon esprit le fait d’être arraché à mon milieu radical du West Riding [.
.
.
]
où le point de vue des conservateurs ne m’avait jamais été convenablement exposé, et de me trouver plongé
dans une atmosphère totalement nouvelle où les vieilles traditions conservatrices et anglicanes demeuraient
vivaces4
».
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