Grands penseurs en éducation- Anton Sémionovitch Makarenko
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
83-96.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
83-96.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ANTON SÉMIONOVITCH
MAKARENKO
(1888-1939)
G.
N.
Filonov
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Situation de l’œuvre de Makarenko
En URSS, l’évolution de la théorie pédagogique et du système d’enseignement a été étroitement
liée aux innovations scientifiques et au travail pratique de toue une pléiade d’éminents
éducateurs.
Parmi les grands éducateurs soviétiques qui ont lutté activement pour que soient
reconnus dans la théorie et la pratique pédagogiques les idées et les principes démocratiques,
Anton Sémionovitch Makarenko (1888-1939) a joué un rôle de premier plan.
Son nom figure à
juste titre au nombre des classiques de la pédagogie mondiale et ses livres, tirés à des millions
d’exemplaires sur tous les continents, jouissent d’une immense popularité.
Dans de nombreux
pays, on effectue des recherches sur ses activités et l’on tente d’appliquer ses idées à la praxis
pédagogiques.
Toutefois, il n’est pas rare que, dans les études spécialisées comme dans les
ouvrages destinés au grand public, le cas « Makarenko » soit encore présenté de façon partiale,
voire erronée.
Certains spécialistes étrangers estiment que Makarenko était un « autodidacte génial » et
présentent son système pédagogique sans jamais se référer à la tradition ni à l’actualité
pédagogiques progressistes.
Il est vrai que, dans les œuvres publiées, très célèbres de
Makarenko, on trouve relativement peu d’indications sur ses rapports avec la tradition de la
pédagogie mondiale et avec les grands spécialistes de l’éducation, soviétiques et étrangers, qui
étaient ses contemporains.
Mais des recherches documentées effectuées récemment par des
spécialistes soviétiques montrent que, malgré une origine très modeste et une jeunesse difficile
(son père était peintre en bâtiment et il a commencé à dix-sept ans à travailler comme instituteur
dans une école accueillant des enfants de cheminots), Makarenko connaissait très bien l’histoire
de la pédagogie.
Nombre des grands principes qu’il a fondés en théorie et vérifiés en pratique
s’inspirent des idées de Pestalozzi, Owen, Ouchinski, Dobrolioubov et d’autres grands noms de
l’histoire de la pédagogie démocratique mondiale
2
.
En outre, si l’on étudie ses écrits non publiés — œuvres littéraires, essais sur la vie
politique et sociale, traités de pédagogie, correspondance, documents relatifs aux établissements
qu’il a dirigés, etc.
— on constate qu’il a suivi avec une grande attention les travaux des
pédagogues soviétiques de son temps, notamment N.
K.
Kroupskaiea, A.
V.
Lounatcharski, P.
P.
Blonksi, et S.
T.
Chatski
3
.
Déjà avant la révolution, et surtout après, sa vision du monde et ses
conceptions pédagogiques ont été fortement influencées par la pensée de Marx, Engels et
Lénine, ainsi que par les livres de Maxime Gorki.
Il apparaît donc que le plus grand éducateur
soviétique est loin d’être, comme le prétendent certains, la « cime qui domine le désert ».
On a dit aussi que les initiatives et les idées de Makarenko étaient longtemps restées
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