Grands penseurs en éducation- Rifa'a Räfic al-Tahtawi
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
649-676.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
649-676.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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RIFA’A AL-TAHTAWI
(1801-1874)
Saïd Ismaïl Ali
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Nombreux sont — peut-être — ceux qui enrichissent la vie intellectuelle par le fruit de leur
réflexion, et noircissent des centaines, voire des milliers de pages pour évoquer les questions qui
préoccupent les éducateurs ; mais ils sont peu nombreux — bien souvent — ceux qui par le produit
de leur effort laissent leur empreinte sur les chemins de la pensée.
Plus rares encore — assurément — sont ceux dont l’apport marque dans les annales de
l’histoire l’avènement d’une étape nouvelle de l’évolution de la pensée.
Al-Tahtawi appartient sans
aucun doute à cette troisième catégorie.
Certes, Il s’inscrit dans le cadre d’un mouvement général de changement qui sous la
direction de Muhammad-Ali, a touché l’ensemble des structures politiques, économiques et
culturelles de l’Égypte.
Mais on peut le considérer comme le principal artisan de la construction
d’un édifice intellectuel sans précédent, ouvrant la voie que des dizaines d’intellectuels ont
empruntée après lui.
Plus qu’un théoricien de l’éducation, il avait un savoir encyclopédique, comme beaucoup
de grands esprits qui l’ont précédé et d’autres qui sont venus après lui.
A leur contact, l’esprit de
chaque individu s’épanouit, de même que son cœur, pour absorber la somme des principes
essentiels qui règlent la vie de la société.
Aussi peut-on affirmer qu’il était tout à la fois un penseur politique, un économiste et un
homme de lettres.
Il n’est pas exagéré de le qualifier de réformateur social, et je ne crois pas me
tromper en parlant de lui comme d’un pédagogue.
Contexte social
En Égypte, comme dans la plupart des autres vilayet, le pouvoir ottoman était d’une manière
générale fondé sur le maintien du statu quo ante.
Le pays avait donc conservé, pour l’essentiel, les
caractéristiques de la vie de l’époque ayant précédé l’arrivée des Ottomans, s’agissant aussi bien
des modes d’organisation administrative et financière que de la structure même de la société.
Bien
qu’elle ait duré près de trois siècles, la domination ottomane a été pauvre sur le plan culturel, et n’a
entraîné aucune transformation radicale dans la vie de la société égyptienne.
Ce long intermède,
ajouté à l’isolement qu’a subi le pays tant du fait des Ottomans, que parce que les routes du
commerce mondial se sont détournées du Moyen-Orient pour contourner l’Afrique, a contribué à
plonger l’Égypte, et même la région tout entière, dans le marasme, en les soustrayant à l’influence
des courants culturels qui ont balayé l’Europe, de la Renaissance italienne à la Révolution
française
2
.
A la fin du XVIII
e
siècle et au début du XIX
e
, l’époque de la Renaissance en Europe avait
porté ses fruits dans tous les domaines de la vie scientifique, pratique et économique.
L’une des
conséquences de cette évolution fut la montée en puissance de beaucoup d’États occidentaux, qui
virent de nouveaux horizons s’ouvrirent à eux et manifestèrent la volonté d’étendre leur influence
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