Grands penseurs en éducation- Andrés Bello
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
69-100.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
69-100.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ANDRÉS BELLO
(1781-1865)
Gregorio Weinberg
1
André Bello est une figure exemplaire de l’histoire de la culture en Amérique latine : ce fut
l’un des éducateurs les plus importants du XIX
e
siècle et il est considéré comme le plus grand
humaniste de cette période.
Sa personnalité équilibrée, sa vie austère d’érudit font de lui un
véritable Maître — terme qui revêt en espagnol de nombreuses acceptions, depuis le sens de
« personne qui enseigne dans une école primaire » jusqu’à celui, très élogieux, de « personne
d’un très grand mérite ».
Écrit avec une majuscule, il constitue en outre une marque de
déférence à l’égard d’une personnalité éminente, d’un modèle hors du commun.
Dans le cas
d’Andrés Bello, toutes ces acceptions se conjuguent.
Son œuvre immense et durable révèle
l’intérêt qu’il a porté à l’école primaire et, plus encore, à l’université.
Il fut en outre un
grammairien, un juriste, un philosophe et un homme politique.
Il naquit au Venezuela, mais les
aléas de l’histoire de nos pays au début du XIX
e
siècle le conduisirent à Londres, où il
demeura pendant une vingtaine d’années avant de s’établir au Chili.
L’ampleur de son œuvre
et l’influence qu’il n’a cessé d’exercer lui ont conféré un grand prestige sur tout le continent
latino-américain et expliquent que de nos jours, fait assez exceptionnel, tous les hispanophones
se réclament de lui.
Son rayonnement est tel que même des accords internationaux de
caractère éducatif et culturel portent son nom.
Sa vie au Venezuela
Andrés Bello naît à Caracas le 29 novembre 1781.
Les années de son enfance et de son
adolescence s’écoulent dans un milieu relativement aisé et cultivé, où il s’adonne de bonne
heure au plaisir de la lecture et où il se met rapidement à l’étude du français, puis de l’anglais.
Concrètement, nous savons qu’il reçoit, le 9 mai 1800, le grade de bachelier ès lettres, mais il
y a, à cette époque de sa vie, un autre événement plus important peut-être.
Quelques mois plus
tôt, en effet, il fait la connaissance d’un étranger dont la présence dans la ville a un grand
retentissement et dont la rencontre laisse, dans l’esprit de l’étudiant encore jeune et timide qui
l’approche, une marque indélébile : cet homme n’est autre qu’Alexandre von Humboldt, déjà
paré de tout le prestige que lui valent une culture extraordinaire par rapport à son entourage
et, surtout, son immense curiosité et ses préoccupations intellectuelles.
Pour augmenter ses maigres ressources, Bello commence à donner chez lui des leçons
particulières à un groupe d’adolescents, parmi lesquels figure Simón Bolívar, appelé par la
suite à une si haute destinée.
Des dizaines d’années plus tard, la scène se répétera à Santiago
du Chili où Bello, dans son bureau encombré de livres de toutes les disciplines imaginables,
transmettra son savoir à d’autres jeunes gens qui nourrissent des préoccupations analogues à
celles de leur prédécesseurs et dont certains entreront bientôt dans l’histoire.
Grâce aux
témoignages de tous ceux qui furent ses élèves à différentes périodes de sa vie, nous savons
que ses dons pédagogiques et ses qualités humaines furent hors du commun.
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