Grands penseurs en éducation- Sun Yat-Sen
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92),
p.
617-629.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92),
p.
617-629.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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SUN YAT-SEN
(1866-1925)
Zhang Lanxin1
Sun Yat-sen fut l’un des grands patriotes de l’histoire de la Chine moderne et l’une des
grandes figures de la révolution démocratique qu’elle a connue; c’est sous sa houlette que le
peuple chinois renversa la dynastie féodale des Qing.
En introduisant les sciences occidentales
en Chine et en élaborant une conception nouvelle de la réforme de l’enseignement, il donna
naissance à un nouveau type d’éducateurs hautement qualifiés.
Sa réflexion exerce encore
aujourd’hui une influence concrète sur la réforme de l’enseignement chinois.
Une vie glorieuse consacrée à la révolution
Sun Yat-sen — nom de plume Sun Wen — naquit à Cuiheng, petit village du district de
Xiangshan (aujourd’hui Zhongshan), dans la province du Guangdong.
Issu d’une famille de
paysans pauvres, il ne put fréquenter l’école privée de son village avant sa dixième année.
Élève studieux, ayant le goût des activités intellectuelles, il fut bientôt capable de réciter par
cœur des ouvrages anciens tels que le « Sanzijing » et le « Qianziwen ».
Tout en s’appliquant à
étudier les Quatre Livres (La Grande Étude, L’Invariable Milieu, les Analectes de Confucius
et Le Mencius) et les Cinq Classiques (Le Livre des Odes, Le Livre de l’Histoire, le Yijing ou
Livre des Mutations, le Livre des Rites et les Annales des Printemps et des Automnes), il
jugeait cet effort absurde puisqu’il ne comprenait rien à ces ouvrages.
Vivant à la campagne,
où il était témoin de l’existence misérable des paysans pauvres, il se dit que « tous les enfants
de Chine devraient avoir des chaussures et du riz2
» et qu’il fallait mettre un terme à leurs
souffrances.
Après l’école, il écoutait souvent les villageois qui avaient participé à la Révolte
des Taiping conter les exploits de Hong Xiuquan et Yang Xiuqing.
Ces récits éveillèrent son
jeune cœur aux idées révolutionnaires.
En 1878, il quitta son pays natal et alla étudier à Honolulu, Guangshou (Canton) et
Hong Kong dans des écoles missionnaires dont le fonctionnement était assuré par une
association chrétienne.
En 1892, il sortit premier de sa promotion de l’École de médecine pour
étudiants chinois de Hong Kong.
Au cours de ses quatorze années d’études, il avait reçu une
formation systématique à la démocratie et aux sciences occidentales, et se plongeait avec un
plaisir particulier dans les biographies de George Washington, Abraham Lincoln et autres
grands personnages.
Il éprouvait « une estime et un respect profonds pour les nations
européennes et américaines et pour les figures de proue des révolutions démocratiques, sur
lesquelles il souhaitait prendre modèle3
».
Sa vision de la révolution démocratique comme
moyen de combattre le colonialisme et de conquérir l’indépendance nationale mûrissait peu à
peu.
Plus tard, il évoquera cette période en ces termes : « Dans ma jeunesse, j’ai fait des
études à l’étranger.
Je me suis familiarisé avec les langues et les littératures de l’Occident,
avec ses usages politiques et sociaux, son astronomie, sa géographie, sa physique et sa chimie,
et j’ai particulièrement réfléchi à la façon d’assurer la prospérité et la puissance militaire de
notre pays, d’éduquer ses habitants et de réformer leurs moeurs ; en outre, j’ai longuement
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