Grands penseurs en éducation- Wilhelm van Humboldt
10 pages
Publié par
painchar
Copyright :
Tous droits réservés
1
Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4, 1993, p.
685-696.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
[Plus]
1
Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4, 1993, p.
685-696.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
Ce document peut être reproduit librement, à condition d’en mentionner la source.
WILHELM VON HUMBOLDT
(1767 – 1835)
Gerd Hohendorf
Wilhelm von Humboldt et son frère Alexandre, de deux ans plus jeune que lui, appartiennent à
une génération qui a vécu l’effondrement des États absolutistes après la Révolution française et
a œuvré à la construction d’une nouvelle Europe.
Les deux frères ont été élevés dans l’esprit de
Rousseau et du philanthropisme ; adolescents, ils ont été imprégnés de la philosophie des
lumières et ont vécu le mouvement romantique du Sturm und Drang.
Ils rejoignent ensuite le
cercle des poètes de Weimar et se lièrent d’amitié avec Gœthe et Schiller.
Tandis qu’Alexandre
parcourait le monde et, par ses recherches, ouvrait une nouvelle voie aux sciences naturelles,
Wilhelm jetait les bases du développement des sciences humaines modernes.
Wilhelm von Humboldt se joignit au cercle des réformateurs qui, après l’occupation
napoléonienne, prirent en main le destin de l’État prussien.
A la réforme administrative sont attachés
les noms de Stein et Hardenberg, et à la réorganisation de l’armée ceux de Scharnhorst et
Gneisenau ; Wilhelm von Humboldt était pour sa part chargé de la réforme de l’enseignement en
Prusse.
Même s’il n’est resté que seize mois à la tête de l’Education prussienne, il a imprimé à la
politique de l’éducation une orientation dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui, où sa
contribution à une théorie moderne de l’éducation connaît un regain de popularité de plus en plus
affirmé.
Les années de formation
Wilhelm et Alexandre von Humboldt sont nés du remariage du chambellan prussien Alexandre
Georg von Humboldt avec une veuve, la Baronne von Holwede, alors qu’il était encore à Postdam
au service de Frédéric II ; de son premier mariage, la Baronne avait eu un fils dont l’éducation avait
été confiée à Johann Heinrich Campe.
Ce représentant tardif du philanthropisme allemand devint
également le précepteur des deux frères, tout d’abord à Postdam puis, après que leur père eut quitté
son poste, à Tegel près de Berlin.
Dans une lettre à Madame Campe, Wilhelm von Humboldt reconnaît beaucoup plus tard (12
septembre 1801) qu’il doit à Campe une grande partie de son éducation (Br.
, p.
403).
Ce faisant, il
pense probablement non seulement aux années passées à Tegel, mais aussi au voyage à Paris que
Campe entreprit avec son ancien élève immédiatement après la prise de la Bastille.
L’éducation des deux frères a dû avoir été très libérale.
C’est du moins ce que laisse à penser
le jugement qu’auraient porté sur eux les précepteurs qui succédèrent à Campe.
D’après eux, il y
avait peut-être encore quelque chose à tirer de Wilhelm, alors âgé de 12 ans, mais Alexandre était un
cas désespéré.
Il n’est pas rare que les pédagogues se trompent, mais une erreur de jugement aussi
grossière que celle qu’ils commirent à propos d’Alexandre, futur Grand-Maître de la Société des
Naturalistes, donne quand même à réfléchir.
Une lettre d’une amie de leur mère, venue leur rendre visite en 1785, nous apprend que les
deux frères étaient très différents : « En ce qui concerne les deux fils, je ne peux que te dire que
[Moins]
Insérez un miniCalaméo dans votre page Web ou votre blog