Grands penseurs en éducation- Joseph Ki-Zerbo
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIX, n° 4, 1999, p.
699-711.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIX, n° 4, 1999, p.
699-711.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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JOSEPH KI-ZERBO
(1922—)
Amadé Badini
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Le développement clés en tête
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Le professeur Joseph Ki-Zerbo est incontestablement l’un des penseurs de l’Afrique contemporaine
qui auront marqué leur époque.
Intellectuel classique moulé par les écoles et les universités de France pendant la période
coloniale, il vécut dans sa chair, son esprit et son intelligence les affres et les abus divers que la
colonisation, sa logique, ses objectifs et ses méthodes ont imposés aux peuples d’Afrique, ceux
d’Afrique noire notamment, depuis le début du siècle et même au-delà.
La ferme conscience qu’il
avait de ses origines, l’attachement qui était le sien pour son pays et son peuple, le sentiment de
reconnaissance envers son continent et la révolte saine et forte qui grondait en lui ont achevé de
faire de lui un militant de première heure des luttes de libération nationale et africaine ; ce
militantisme permanent se nourrit malgré tout de la science qu’il a acquise dans les structures
éducatives de la puissance coloniale.
Savant, Ki-Zerbo l’est en effet.
Agrégé d’histoire, diplômé de l’Institut d’études politiques
de Paris, il personnalisait déjà la transdisciplinarité, « l’indisciplinarité » (E.
Morin) qui va devenir
plus tard la toile de fond épistémologique de l’approche qu’il préconise à propos des questions du
développement de l’Afrique.
« Ce n’est posséder aucune science que d’en connaître une seule »,
comme le disait Descartes dans les Règles pour la direction de l’esprit.
Ki-Zerbo l’a compris et
réalisé à travers une grande avidité pour la lecture et une curiosité intellectuelle soutenue des réalités
et de la sagesse traditionnelle africaine, burkinabé et samo, dont il s’inspire sans arrêt comme une
source intarissable de connaissances et d’inspiration vivifiante pour les luttes d’émancipation
actuelles et pour le développement.
Fidèle en cela à l’esprit des intellectuels de sa génération, Ki-Zerbo n’est pas resté cet
« intellectuel contemplatif » et narcissique qui se contentait de « chanter » l’Afrique en la
folklorisant du haut du piédestal légué par le colonisateur d’hier.
Bien au contraire, il a compris très
vite que la science qu’il a acquise, loin d’être une fin en soi, était plutôt une arme, un moyen pour
participer, aux côtés des peuples africains, à la lutte pour le développement.
Mieux, elle lui imposait
une responsabilité supplémentaire et suscitait en lui — qui a appris à « l’école du Blanc » « à vaincre
sans avoir raison » ! (C.
H.
Kane) — un sentiment de mauvaise conscience ; pour la chance qu’il
avait eue d’aller à l’école, il se sentait le devoir moral et quasi religieux de rembourser la dette
contractée auprès de son pays : Ki-Zerbo est un savant et un militant africain.
Il serait fastidieux de vouloir, dans un texte comme celui-ci, faire le point sur toute l’œuvre
et la pensée d’un tel homme, d’autant plus qu’il est toujours vivant et qu’il est loin « d’avoir vidé
son carquois ».
Nous allons plutôt tenter, pour le moment en tout cas, de présenter l’homme en tant
que théoricien et praticien émérites de l’éducation de l’Afrique contemporaine.
Comme pour corroborer le dicton « nul n’est prophète en son pays », le professeur Joseph
Ki-Zerbo est plus connu et apprécié à l’étranger que dans son Burkina Faso natal, du moins en tant
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