Grands penseurs en éducation- Roger Cousinet
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
225-236.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
225-236.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ROGER COUSINET
(1881 — 1973)
Louis Raillon
1
« L’éducation ne peut plus être une action exercée par un maître sur des élèves, action qui
s’est révélée illusoire ; elle est en réalité une activité par laquelle l’enfant travaille à son propre
développement, placé dans des conditions favorables et avec l’aide d’un éducateur qui n’est
plus qu’un conseiller pédagogique.
Il suit que les méthodes actives sont des instruments, non
d’enseignement, mais d’apprentissage, que ces instruments doivent être mis exclusivement
entre les mains des élèves et que, qui les introduit dans sa classe accepte de ne pas s’en servir,
et renonce pour autant à enseigner.
»
Ainsi, en 1954, dans un congrès d’éducateurs, Cousinet exprimait, sous une forme
concise et quasi brutale, le message qu’il n’a cessé de diffuser dans la seconde moitié de sa
longue vie, après avoir expérimenté longuement les conditions concrètes de l’Éducation
nouvelle.
Dans la pensée de Cousinet, cette substitution de l’apprentissage par l’élève à
l’enseignement du maître ne supportait aucun compromis.
Pour lui, l’introduction, dans
l’école, de l’Éducation nouvelle suppose avant tout un changement radical de l’attitude
pédagogique du maître dans ses rapports avec ses élèves.
Ce radicalisme était à la fois
séduisant et difficile à admettre, mais il s’appuyait sur une longue expérimentation ; par la
même il faisait ressortir le caractère scientifique d’une pédagogie fondée sur une véritable
connaissance de l’enfant et des lois de son développement.
Mais la résistance à son propos ne
l’étonnait guère.
Avec beaucoup d’humour il remarquait : « Nous sommes bien difficiles à
satisfaire, notre humeur n’étant guère d’accord avec nos principes.
Nous faisons notre possible
pour que les enfants apprennent à se passer de nous, et nous avons de la peine toutes les fois
qu’ils y arrivent.
» (Cousinet, 1954).
Qui était donc cet homme ? Quelle expérimentation avait-il menée ? A quelles
conclusions avait-il abouti ? Son œuvre, ses idées sont-elles encore intéressantes pour les
éducateurs d’aujourd’hui ? Ce sont là les questions auxquelles voudrait répondre, d’une
manière forcément concise, l’étude que voici.
L’itinéraire de Roger Cousinet
Vingt et un ans à Paris, en 1902.
Après son baccalauréat, Cousinet complète ses études
classiques par trois années de classe préparatoire à l’École Normale Supérieure.
Il n’entre pas
à Normale, mais s’inscrit à la Sorbonne pour obtenir sa licence de lettres et passer, dans le
même temps, le brevet élémentaire requis pour enseigner cinq ans dans une école primaire.
Ce
jeune bourgeois, issu d’un milieu artiste, cultivé, décide de préparer le concours de
l’Inspection Primaire.
Années intenses d’apprentissage auprès des enfants dont il observe
systématiquement les réactions, dans la classe, mais aussi dans la cour de récréation.
Plus qu’à
l’écolier, il s’intéresse à l’enfant libre, dans ses jeux, dans ses rapports complexes avec les
autres enfants ; il commence sur la vie sociale des enfants une thèse de doctorat avec
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