Grands penseurs en éducation- Isaac Leon Kandel
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4, 1993, p.
799-812.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4, 1993, p.
799-812.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ISAAC LEON KANDEL
(1881-1965)
Erwin Pollack
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Isaac Leon Kandel, qui fut longtemps l’un des maîtres à penser de l’éducation internationale et
comparée est né en Roumanie de parents anglais.
Il effectua toutes ses études jusqu’à la maîtrise à
Manchester, en Angleterre, où il obtint également son certificat d’aptitude à l’enseignement.
Un de
ses professeurs qu’il vénérait, sir Michael Sadler, lui conseilla d’aller préparer son doctorat en
Amérique, au Teachers College de l’Université Columbia.
Arrivée aux États-Unis d’Amérique en 1908 pour étudier l’éducation internationale et
comparée, Kandel obtint son doctorat au Teachers College en 1910, au bout de deux ans
seulemant.
Sa thèse, intitulée La formation des instituteurs en Allemagne, s’appuyait sur des
recherches érudites et des observations de première main dans les écoles normales allemandes.
Elle
fut publiée sous forme de livre par Teachers College Press la même année.
Dans cette étude claire et détaillée, Kandel ne cache pas son estime pour le travail de
formation des instituteurs accompli en Allemagne.
Mais, paradoxalement, il ne conseille nullement
aux éducateurs des États-Unis d’adopter les méthodes allemandes.
Parfaitement capable d’apprécier les mérites spécifiques qui découlent du passé historique
d’une nation et de son infrastructure sociopolitique et culturelle, il se refuse à considérer le système
d’enseignement de tel pays comme supérieur à tel autre, estimant que chaque nation a forgé le sien
d’une manière unique.
Les carences dont Kandel faisait souvent état, dans le système éducatif d’un
pays, étaient celles qui découlaient de son système politique, en d’autres termes de l’influence du
totalitarisme de gauche (communisme) ou de droite (fascisme ou nazisme).
Bien qu’il s’efforçât d’être objectif, Kandel disait souvent que n’importe quel pays pouvait
s’accommoder du type de système éducatif dont s’étaient dotées les nations démocratiques.
C’est
peut-être ce qui explique le paradoxe mentionné plus haut : tout en reconnaissant l’efficacité du
système totalitaire allemand de formation des enseignants, il ne pouvait le recommander à la
démocratique Amérique.
Kandel reste l’un des plus éminents représentants d’un courant de pensée dans le domaine
de l’éducation comparée appelé le fonctionnalisme historique.
L’idée fondamentale en est que les
systèmes d’enseignement ne fonctionnent pas dans le vide, mais sont indissolublement liés à
d’autres institutions sociales et politiques et qu’on ne peut bien les comprendre, dans la plupart des
cas, qu’en en analysant l’environnement et le contexte historique, culturel, politique social, et
économique.
Selon Kandel, pour comprendre vraiment les différents systèmes éducatifs, le spécialiste de
l’éducation comparée ne doit pas se contenter de collecter une masse de données brutes.
Le
comparatiste doit aller plus loin, jusqu’aux causes profondes des grands problèmes auxquels se
heurtent les systèmes éducatifs du monde entier.
Partant de l’idée que l’éducation n’est pas une activité autonome, le comparatiste, après
avoir déterminé les causes de ces grands problèmes, doit ensuite examiner les solutions que chaque
pays s’efforce d’y apporter en se demandant pourquoi telle solution a été préférée à telle autre.
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