Grands penseurs en éducation- Juan Luis Vives
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92),
p.
775-792.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92),
p.
775-792.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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JUAN LUIS VIVES
(1492?-1540)
Ricardo Marín Ibañez1
Vives mérite d’être étudié pour la très grande qualité de sa production littéraire, pour son rôle
de grand penseur de la Renaissance et parce qu’il défend des valeurs intellectuelles, morales
et esthétiques élevées.
De plus, il convient de souligner son actualité, le fait que sa pensée
coïncide avec « l’esprit de notre temps » (Zeitgeist) et avec les nouvelles valeurs qui
s’imposent aujourd’hui comme la paix, la conduite morale et le dépassement des conflits
nationaux et des ethnocentrismes, idéaux qui inspirent en permanence l’action de l’UNESCO.
Sa formation et sa carrière d’enseignant
Juan Luis Vives March est né à Valence, en Espagne, en 1492 ou 1493, les témoignages sur
cette date étant contradictoires2
.
Sa ville natale, un port maritime, est une ville ouverte à la
Renaissance italienne en raison de ses liens politiques avec l’Italie insulaire et le royaume de
Naples, qui faisaient partie à l’époque de l’Espagne.
Ses langues maternelles seront le
valencien et l’espagnol ; le grec, le français, le flamand, l’anglais et l’italien lui seront
familiers ; mais le latin est la langue de communication savante qu’il utilise dans son œuvre
avec une maîtrise remarquable.
Sa vocation d’Européen multilingue est une constante tout au
long de son existence.
Vives appartenait à une famille de Juifs convertis, négociants en tissus3
et jouissant
d’une bonne situation économique; ils feront l’objet à plusieurs reprises de poursuites
inquisitoriales depuis 1491, année où sa mère abjure le judaïsme, jusqu’en 1524, date à
laquelle ses parents et sa grand-mère paternelle sont condamnés4
.
Son rigoureux sens moral
trouve son origine dans ses racines judéo-chrétiennes.
Après ses études primaires, qu’il termine à l’âge de 12 ans, Vives étudie la grammaire
pendant deux ans, puis les arts pendant trois ans à la toute nouvelle Université de Valence,
fondée en 1501 par la bulle pontificale du pape Alexandre VI, où il vit la lutte qui oppose
l’enseignement scolastique traditionnel et l’humanisme naissant qui détermine son propre
parcours littéraire5
.
En 1517, il part pour Paris, où il suit les cours de la Faculté des arts en prenant la
logique comme discipline principale.
Pour protester contre la mauvaise formation dispensée,
il rédigera son célèbre pamphlet Adversus pseudodialecticus (Contre les pseudo-dialecticiens,
Louvain, 1519).
Selon certaines sources, Vives s’inscrit au collège Montaigu6
.
Parmi les maîtres dont il
reçoit les enseignements, il faut signaler Nicolas Bérault, formé à l’humanisme italien, mais
sa pensée a une autre source; en effet, il découvre dans ce collège, le Devotio moderna,
mouvement lancé à la fin du XIVe
siècle aux Pays-Bas par Geert Groote et développé par la
suite par les « Frères de la vie commune » qui cherchaient à retrouver l’esprit de l’Église
primitive, préconisant, face aux subtiles discussions théologiques et philosophiques de
l’époque, la pratique de la morale et de la religion, vécues en profondeur.
L’œuvre de Thomas
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