Grands penseurs en éducation- Jean-Ovie Decroly
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993, p.
251-276.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993, p.
251-276.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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JEAN-OVIDE DECROLY
(1871-1932)
Francine Dubreucq
1
Une vocation imprévue
Rien ne prédisposait Jean-Ovide Decroly à s’occuper d’enseignement.
Issu d’un milieu
provincial sévère, dans la petite ville belge de Renaix, il a subi les exigences de parents obsédés
par la réussite scolaire du plus doué de leurs enfants ; sa turbulence lui fit détester les deux
internats qui lui imposèrent une formation gréco-latine bien étrangère à sa passion pour le
dessin, la danse, la musique et, surtout les sciences naturelles.
Il n’en apprécia que davantage ses
années de médecine à l’Université de Gand, où il fut élève assistant avant de s’orienter vers la
discipline on ne peut plus expérimentale de l’anatomie pathologique.
Ce jeune biologiste allait bientôt découvrir la médecine mentale.
Brillant lauréat du
Concours universitaire et de la Fondation des bourses de voyage, il passa l’année 1896-1897 à
l’Université de Berlin et à la Salpêtrière, à Paris ; il y rencontra des aliénistes d’avant-garde, et
bifurqua vers la neuropsychiatrie, puis vers la psychologie — tout comme Freud l’avait fait dans
les mêmes lieux, vingt ans plus tôt.
Mais Decroly ne cessa jamais d’affirmer la corrélation des
phénomènes biologiques et mentaux, « bases biopsychiques » de tous les comportements.
En 1898, Decroly s’installa à Bruxelles, avec Agnès Guisset, sa toute jeune femme.
Il
reprit, à l’Université de Gand, ses recherches sur les maladies mentales et sur l’anatomie
pathologique du cerveau.
La clinique en milieu hospitalier l’intéressait plus que la clientèle ;
aussi fit-il ses débuts en 1898 à la Policlinique de Bruxelles en tant qu’assistant du service de
neurologie, et se vit confier peu après le département des « enfants anormaux et troublés de la
parole ».
Ce fut une expérience aussi cruelle que décisive.
Confronté à la misère des villes,
Decroly découvrit l’abandon humain, social et pédagogique dans lequel végétaient ses petits
patients.
L’école populaire les condamnait presque toujours à l’échec et à la marginalisation ;
elle était loin d’assurer la prévention par l’éducation qui constituait son idéologie officielle.
« J’affirme qu’elle [l’école populaire] a une influence nuisible, une action antisociale
incontestable ; non seulement elle ne nous prépare pas à la vie, mais elle fait de beaucoup de
nous des épaves de la vie, des déclassés, ou du moins elle ne fait rien pour nous éviter de le
devenir — ce qui est tout comme.
» (1904b.
) Pourtant, l’école pourrait être « le moyen le plus
puissant peut-être [d’assurer] la prophylaxie de la paresse, de la misère et du crime [.
.
.
], non pas
comme elle est organisée actuellement, puisqu’elle-même est, en grande partie, cause directe ou
indirecte de ces maux, mais comme elle devrait être organisée, comme elle l’est déjà dans
certains endroits heureux où l’on a compris ce qu’elle fait de mal et ce qu’elle peut faire de
bien » (1904b).
Si Decroly assigne à l’école une mission prioritaire de prévention, c’est d’abord pour
relayer l’action éducative des parents : « Dans notre vie sociale actuelle, le rôle de l’école
augmente en raison même de ce que le rôle des parents est devenu plus difficile et que
l’adaptation à la vie est devenue plus compliquée.
» (Anthologie de textes extraits de manuscrits
inédits.
.
.
) Dans les cas trop fréquents où le milieu familial se révèle clairement nocif, la
[Moins]
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