Grands penseurs en éducation- Nikolay Frederic Severin Gruntvig
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4, 1993, p.
631-641.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 3-4, 1993, p.
631-641.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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N.
F.
S.
GRUNDTVIG
(1783-1872)
Max Lawson
Seul éducateur danois de stature internationale
1
, Nikolay Frederik Severin Grundtvig fut aussi un
théologien, un historien et un écrivain qui exerça une profonde influence sur la vie de son pays,
même s’il est beaucoup moins connu à l’étranger que ses contemporains plus jeunes, le philosophe
Søren Kierkegaard (1813-1855) et l’écrivain Hans Christian Andersen (1805-1875).
Le fait que 271 des 754 cantiques qui composent le recueil national sont de sa plume
illustre bien la pérennité de son apport au patrimoine danois.
La majeure partie de son œuvre n’a
toutefois jamais été publiée (une édition complète compterait une bonne centaine de volumes), et
c’est seulement à une date relativement récente que ses écrits sur l’éducation ont été traduits — du
moins en partie —, notamment en anglais
2
.
Pourtant, le mouvement des collèges populaires danois,
que ses écrits ont inspiré, a valu à Grundtvig le surnom de « père de l’éducation des adultes en
Occident », et suscité l’intérêt des pays en développement pour sa personne et son œuvre.
Au cours de son existence, et en particulier durant la première moitié de celle-ci, Grundtvig
a été le témoin de changements d’une importance décisive pour la société danoise.
En 1788 étaient
abolies les lois sur le domicile forcé qui faisaient interdiction aux garçons et aux hommes de
s’éloigner des terres sur lesquelles ils étaient nés sans l’autorisation du propriétaire terrien.
Un an
plus tard, Christian VII créait un Conseil de l’éducation.
En 1814, de nouvelles lois rendaient la
scolarité obligatoire.
Lorsque, dans les années 1830, le Danemark s’engagea sur la voie de la
démocratie en instituant des diètes consultatives où étaient représentés tous les États du royaume (y
compris la paysannerie), Grundtvig, considérant que, pour avoir voix au chapitre dans ces
assemblées, les « ordres inférieurs » devaient avoir reçu une formation appropriée qui leur permette
de prendre effectivement part aux débats, multiplia ses écrits sur l’éducation.
D’abord sceptique, il
s’affirma bientôt convaincu que la « voix du peuple » se faisait réellement entendre dans ces
instances et poursuivit donc ses projets éducatifs avec énergie.
Avant de se muer en théoricien de l’éducation vers 1830, Grundtvig avait mené une
carrière mouvementée d’ecclésiastique.
Tout l’opposé de son père, pasteur dans une paroisse rurale
et prêt à se satisfaire d’une théologie qui a été qualifiée de piétiste et de conservatrice
3
, le jeune
Grundtvig, tout en étant marqué par la doctrine paternelle, lui fit de nombreuses entorses.
En raison
de ses écrits polémiques et de ses manières souvent caustiques, il demeura une bonne partie de sa
vie frappé de l’interdiction de prêcher ou du moins d’administrer les sacrements.
Il fallut
l’intervention de Christian VIII lors de son accession au trône du Danemark, pour qu’à l’âge de
55 ans il obtienne enfin une charge permanente comme chapelain de Vartov, un hospice de
Copenhague pour femmes âgées.
Ce poste peu important (que Grundtvig devait occuper jusqu’à sa
mort, à l’âge de 89 ans) lui laissa le loisir de poursuivre son œuvre féconde.
Il ne fit paraître le
recueil complet de ses essais sur l’éducation que quelques semaines à peine avant de s’éteindre
4
.
Tout au long de sa vie, Grundtvig bénéficia, à intervalles presque réguliers, de la protection
des souverains.
En 1818, longtemps avant d’être nommé à Vartov, puis d’être fait évêque
honoraire par Frédéric VII, il avait reçu une bourse royale pour le récompenser d’avoir traduit
d’anciens mythes et sagas nordiques.
Trois autres bourses lui furent accordées par le roi en 1812,
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