Grands penseurs en éducation- Alain
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painchar
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
21-36.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIII, n° 1-2, 1993,
p.
21-36.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ALAIN
(1868-1951)
Philippe Foray
1
Alain, de son vrai nom Émile Chartier, est né en Normandie, le 3 mars 1868.
De sa vie, il y a peu à
dire, Alain lui-même ne croyant pas qu’elle pouvait aider à mieux comprendre sa pensée.
De 1893 à
1933, Alain a été professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire.
A en croire les
témoignages de ses élèves, ce fut un grand professeur, mariant en permanence la singularité de sa
pensée avec la pratique des grandes œuvres de la philosophie occidentale, de Platon à Hegel.
Engagé dans la première guerre mondiale, il est démobilisé en 1917.
Après la guerre, il reprend son
métier de professeur, tout en menant une activité de journaliste, amorcé une dizaine d’années plus
tôt par une collaboration régulière à la Dépêche de Rouen.
C’est principalement sous la forme
journalistique des « propos », (correspondant à ce que l’on appellerait aujourd’hui « tribune
libre »), que nous est parvenue l’œuvre, quantitativement considérable d’Alain.
De nombreux
ouvrages ont cependant fait l’objet d’une publication séparée, dont les Quatre-vingt-un chapitres
sur l’Esprit et les Passions (1917), le Système des beaux-arts (1920), Mars ou la guerre jugée
(1921), ainsi que des commentaires d’œuvres philosophiques ou littéraires.
Alain est mort au
Vésinet le 2 juin 1951.
Il importe de noter que c’est en philosophe qu’il s’est intéressé à la question de l’éducation,
Alain n’étant pas ce qu’on appelle couramment un « pédagogue », quelqu’un dont l’histoire retient
avant tout la dimension pratique de l’œuvre.
Ses Propos sur l’éducation, édités pour la première
fois en 1932, sont une œuvre philosophique et c’est cette philosophie que nous présentons ici.
L’œuvre d’Alain dans son temps
L’œuvre d’Alain, son travail de journaliste l’atteste suffisamment, gagne en intelligibilité, à être
restituée dans son contexte historique.
Du point de vue politique, la vie d’Alain coïncide presque
exactement avec celle de la Troisième République, c’est-à-dire avec cette période de l’histoire de
France qui, si l’on excepte l’intermède de Vichy pendant la Seconde guerre mondiale, a vu
l’instauration durable d’un régime républicain et démocratique.
Du point de vue social, cette
période est marquée en France par le développement des mouvements ouvriers et du syndicalisme.
Alain a constamment manifesté de la sympathie pour de ces mouvements.
Comme eux, il avait la
volonté d’œuvrer à l’émancipation de l’homme.
Mais alors que les mouvements syndicaux
revendiquaient une émancipation sociale et politique, Alain considérait que la seule liberté réelle
pour l’homme était celle de l’esprit.
C’est pourquoi il n’a jamais adhéré au socialisme mais c’est
aussi la raison pour laquelle il donna des cours dans les universités populaires.
Enfin du point de
vue de l’éducation, il est clair qu’Alain a vécu pendant une période charnière de l’histoire de l’école
en France.
L’œuvre scolaire de la Troisième République est, de quelque manière qu’on la juge,
considérable.
Alors que l’Église et les partis monarchistes considéraient que l’éducation avait une
finalité principalement religieuse, ne relevait que du devoir moral du père de famille à l’égard de ses
enfants, bref, ne pouvait être qu’une affaire privée, la Troisième République institue au contraire
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