Grands penseurs en éducation- Christen Mikkelsen Kold
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
21-36.
©UNESCO : Bureau international d’éducation,...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 1-2, 1994, p.
21-36.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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CHRISTEN MIKKELSEN KOLD
(1816-1870)
Jens Bjerg
1*
Vers le milieu du siècle dernier, Christen Mikkelsen Kold donna aux écoles libres et aux
collèges populaires (højskole) du Danemark le visage qu’ils ont encore aujourd’hui.
Sa vie et
son œuvre portent la marque des idées révolutionnaires de N.
F.
S.
Grundtvig concernant
l’éducation moderne et la nécessité, à cette époque, d’une réforme complète du système éducatif
danois
2
.
Christen Kold est né à Thisted, dans le nord du Jutland, en 1816.
Quand il eut 11 ans,
son père le prit comme apprenti dans son atelier de cordonnier.
Mais l’enfant ne montrant guère
de dispositions pour ce métier, on le destina à l’enseignement.
Après avoir été précepteur chez
un riche propriétaire, il fut admis en 1834 dans une école normale et reçut son diplôme deux ans
plus tard.
Bien
Bien qu’il n’ait presque rien consigné par écrit de ses principes pédagogiques
3
, Kold
exerça une influence considérable, au point que son personnage a pris aujourd’hui des
dimensions presque mythiques.
Pour bien saisir, toutefois, l’originalité de ses conceptions, il
faut les replacer dans le cadre plus général de la culture et de la société danoise du début du
XIX
e
siècle.
Le mouvement piétiste
La pédagogie de Kold doit son originalité à sa conversion et à sa rébellion contre les
enseignements de l’Église officielle.
Pour un esprit « réveillé » comme lui, la conception du
Christ par l’opération du Saint-Esprit, son séjour chez les morts et son ascension dans les cieux
étaient des faits réels.
La damnation et les supplices de l’enfer attendaient inéluctablement ceux
qui n’avaient pas su voir la lumière quand il en était temps.
Le baptême et la communion étaient
de véritables rencontres avec Dieu.
Le Ciel était un lieu bien réel, un havre pour les élus.
Ces
articles de foi ne pouvaient pas — et ne devaient pas — être réduits à de simples représentations
symboliques de la lutte entre le Bien et le Mal, comme le voulait l’Église officielle.
Plus tard
4
,
Kold présentera la révélation qu’il eut en 1834 comme la source de ses idées sur l’éducation :
« Jusque-là, j’avais imaginé Dieu comme un gendarme, un maître d’école sévère qui nous
surveillait et nous frottait les oreilles quand nous n’étions pas sages.
Je comprenais à présent que
Dieu nous aimait, qu’Il m’aimait, et je ressentais moi aussi de l’amour pour mes semblables —
et dans une moindre mesure pour moi-même — en même temps que la joie de me savoir aimé
de Lui.
Rien n’a jamais égalé en intensité la vie, la joie, la force et l’énergie qui s’emparèrent
alors de moi.
J’étais si heureux de ma découverte que je ne pouvais plus tenir en place.
J’allai
voir mes amis en ville et leur annonçai la merveilleuse nouvelle.
Je savais à peine ce que je
disais, mais je réussis à leur faire comprendre que Dieu m’aimait, comme Il aimait le reste de
l’humanité, malgré nos péchés »
5
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