Grands penseurs en éducation- António Sérgio de Sousa
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
521-538.
©UNESCO : Bureau international...
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Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
(Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol.
XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p.
521-538.
©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000
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ANTÓNIO SÉRGIO
(1883 — 1969)
1
António Nóvoa2
António Sérgio de Sousa3
est l’un des intellectuels les plus remarquables de la vie culturelle et
politique portugaise du XXe siècle.
Philosophe et journaliste, sociologue et essayiste, il se
distingue en particulier par son travail de pédagogue4
: « A la manière des Grecs, la
philosophie de Sérgio est essentiellement une pédagogie sociale ou, plus exactement, une
paideia » (Magalhães-Vilhena, 1975, p.
97).
La formation universitaire et le parcours
professionnel d’António Sérgio se caractérisent par une extraordinaire diversité, où
l’éducation joue un rôle intégrateur : « Je ne me considère pas comme un littérateur ou un
écrivain, mais comme un pédagogue ou un prédicateur qui écrit » (1940)5
.
Et, en 1958, quand
on lui demande s’il préfère être connu comme professeur, écrivain, économiste ou sociologue,
sa réponse est immédiate : « Peut-être comme philosophe, sociologue et réformateur social.
.
.
et pédagogue ».
A strictement parler, António Sérgio n’était pas porteur d’un projet pédagogique.
Ce
ne sont pas les questions techniques ou de méthode qui caractérisent son œuvre, mais bien
plutôt la capacité de penser l’éducation au-delà du champ spécifique de l’enseignement.
Il
appartient à une génération d’intellectuels qui étaient de véritables érudits, dotés d’une vaste
culture historique, philosophique et littéraire et capables d’opérer des synthèses sur les grandes
questions de société.
A la différence de certains de ses pairs, toutefois, Sérgio ne dédaigne pas les problèmes
pédagogiques concrets car, pour lui, l’enseignement n’est pas le simple prolongement
(instrumental) d’une pensée plus globale.
mais bien le noyau dur de son projet : « Tout
converge vers un même problème : le problème pédagogique, le système d’enseignement
publique.
Il s’agit là, par excellence, d’une question théorique et pratique à la fois.
Poser
correctement ce problème, c’est faire appel à toutes les énergies d’un peuple » (1918a, p.
43).
Né à Damão (ancienne colonie portugaise aux Indes), António Sérgio a fait
l’expérience d’une enfance sans école, ce qui, de son propre aveu, ne lui a pas été nuisible,
même d’un point de vue strictement scolaire : « Jusqu’à l’âge de 10 ans, je n’ai pas connu
l’école.
A mon arrivée au Portugal, j’ai pu me préparer rapidement à l’examen d’instruction
élémentaire, afin d’entrer au Collège militaire.
Après quelques brefs tâtonnements, j’ai été
parmi les premiers de ma classe, ce qui prouve que leur scolarisation antérieure n’avait pas été
un avantage pour mes camarades.
Je n’évoquerai pas les problèmes pédagogiques qu’un tel
cas suggère » (Autobiograpie6
).
Ayant choisi la carrière des armes, Sérgio se désintéressa vite des questions militaires,
et la révolution républicaine de 1910 ne fera que hâter sa décision d’abandonner la Marine.
Il
entreprend alors une série de voyages, se rendant notamment au Brésil.
Soulignons
l’importance du séjour qu’il effectua à Genève (1914-1916) où il fréquenta l’Institut JeanJacques Rousseau : l’essentiel de son projet pédagogique s’élabora dans ce foyer de
l’Éducation nouvelle.
La première partie du présent essai tentera de décrire ce séjour et
indiquera les sources de sa pensée pédagogique.
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