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Mise au tapis de Trillium

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Format : Magazines
Catégorie : Sports
Langage : Français
2 pages
Publiée le 17 Avr. 2008
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Parti fin mars de Saint-Cyprien pour une croisière vers la Turquie avec deux amis, à bord de son Océanis 411 très bien équipé, Yves table sur une baisse de la tramontane qui ne viendra pas aussi vite que prévu. D’où une sévère mise au tapis par mer croisée dont les conséquences auraient pu être bien pires… Par Yves Rousselin. Fin mars 2007, deux amis – Jean-Claude et Marc – et moi-même envisageons de partir de SaintCyprien pour Istanbul et retour à bord de mon Océanis 411 Célébration, très bien équipé, baptisé Trillium. Nous avons prévu d’appareiller le 20 mars. Mais, les conditions météo étant exécrables en raison d’une forte tramontane, nous attendons patiemment une fenêtre météo pour larguer les amarres. LE 23, LES PRÉVISIONS ANNONCENT UNE AMÉLIORATION du temps pour le lendemain après-midi, que ce soit MétéoFrance, les services espagnols ou U-grib, ce dernier prévoyant un vent de Nord-Ouest de force 6 à 7. De ce fait, nous mettons les voiles le 24 au matin pour une route directe vers Sidi Bou Saïd (Tunisie), tout d’abord au moteur, puis à la voile – génois déployé sans la grandvoile: au vent arrière avec ces MÉDITERRANÉE journaljournal Ça vous est arrivé… Ça vous est arrivé… Votre expérience nous intéresse tous! conditions, je préfère naviguer sans cette voile pour éviter des empannages intempestifs et dangereux. Le 24 mars, le bulletin du matin de Météo-France confirme cette évolution. Je contacte par radio le sémaphore du cap Béar pour m’enquérir des conditions à cet endroit. Avec sa gentillesse habituelle, le personnel du sémaphore me signale un vent moyen – et m’indique qu’il y a toujours un BMS en cours; je leur rappelle que les conditions devraient bientôt s’améliorer. Nous avons une discussion sur notre croisière et il est pris note de notre destination, ce qui est assez exceptionnel, car les CROSS ne notent plus guère les avis de passage ou de traversée. Nous passons sans encombre le cap Béar, puis le cap Creus, tous deux réputés pour leurs vents forts et leur mer difficile, en particulier sous tramontane. Une heure après ce dernier passage, nous constatons une montée de la brise. Nous roulons progressivement le génois – un, puis deux et enfin trois Chaque mois, cette rubrique a l’ambition de rapporter les expériences de navigation qui vous ont marqué, ainsi que les enseignements que vous en avez tirés. Pour que chaque plaisancier puisse en profiter et éviter de commettre les mêmes erreurs. A tous les marins de bonne volonté, nous proposons donc d’écrire à Voiles et Voiliers, «Ça vous est arrivé», 21 rue du Faubourg-SaintAntoine, 75550 Paris Cedex 11 ou d’adresser un mail à Delphine Fleury: delphine. fleury@ voilesetvoiliers. com tours. Nous portons déjà nos gilets automatiques et les longes de nos harnais sont crochées aux cadènes posées à cet effet dans le cockpit. Le bateau avance à une bonne vitesse, mais la mer devient de plus en plus forte avec des déferlantes. Le pilote est désengagé, car je préfère une réaction humaine, rapide, à celle, plus lente, du pilote dans ce type de conditions. Vers 16 heures, le vent augmente encore et nous notons même une pointe à plus de 62 nœuds! La mer est très grosse et blanche, avec de plus en plus de déferlantes venant de l’arrière que nous évitons sans problème particulier, sauf une qui nous arrose bien. Le génois est réduit à la taille d’un mouchoir pour maintenir une bonne vitesse d’environ 10 nœuds. Nous croisons au large un cargo que je contacte par radio, car MaxSea indiquait une route de collision (j’ai un récepteur AIS interfacé à MaxSea). Il est surpris d’être contacté par radio par un voilier qu’il n’avait d’ailleurs pas remarqué. L’ÉQUIPAGE, DANS LE COCKPIT, RESTE SEREIN, sauf que nous ne comprenons guère ce type de vent et de mer par rapport aux prévisions. Une nouvelle déferlante arrive, que nous évitons comme les précédentes, sans problème, mais, aussitôt après, une autre vague déferle venant d’une autre direction et nous envoie au tapis sur tribord. Trillium se couche, le mât touche la mer; ce qui fait pivoter le voilier en le freinant brutalement. Étant assis à bâbord, je me sens passer par-dessus la table du cockpit, puis me retrouve dans l’eau qui a envahi le côté tribord. Lorsque je «refais surface» (mon gilet s’était déclenché automatiquement au contact de l’eau présente dans le cockpit) avec une jambe coincée entre cette table et ma longe, je vois Marc et lui demande s’il va bien et si Jean-Claude est bien là: réponse positive. Ouf! Il n’y a aucun blessé. Le bateau s’est couché, mais s’est relevé rapidement, nous semble-t-il. En revanche, les dégâts matériels sont relativement importants: La mer est devenue très grosse et, phénomène typique de la Méditerranée, les déferlantes étaient croisées et donc difficiles à gérer. Vers 16 heures, le vent augmente encore et nous notons même une pointe à plus de 62 nœuds! La mer est très grosse et blanche, avec de plus en plus de déferlantes venant de l’arrière. «Nous avons été mis au tapis au large du cap Béar» Trillium est un Océanis 411, très bien équipé, dont le skipper n’était pas un novice. 0 0° 04° E 40° N 42° N120 M Zone de l’avarie M É D I T E R R A N É E Port-Mahon Barcelone Minorque Majorque F r a n c e E s p a g n e Saint-Cyprien FRANÇOISCHEVALIER Prudents et bons marins, les membres de l’équipage portaient des gilets gonflables et des harnais. PHOTOSY. ROUSSELIN
 
Article publié dans Voiles et Voiliers de Novembre 2007 dans la rubrique "Ca vous est arrivé"
Chuck Norris (Il y a 5 mois)
Good work : Bravo !
JOB (Il y a 5 mois)
Récit impressionnant ! Bravo pour le sang-froid et la préparation.
 

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