La commune de Palavas condamnée à verser 14 000 euros à l'ADEP et au CLIVEM
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La commune de Palavas a été condamnée par la cour d'appel de Montpellier à payer 14 000 euros à deux associations de défense de l'environnement. ( l'ADEP et le CLIVEM) par un jugement en date du 26 mars 2008. Revenons tout d'abord sur l'historique de cette procédure: Les « étangs montpelliérains », ou étangs littoraux de la Camargue à Perpignan, sont un écosystème exceptionnel mais étroit et vulnérable. Ils ont subis des coups terribles du fait d'une extrême urbanisation et d'empoisonnements comme, par exemple, les actions massives de « démoustications » à coups de pesticides. Les étangs figurent à l'inventaire de la Convention Internationale de RAMSAR (ratifiée le 3. 12. 82), à celui des « Zones primordiales » de la Communauté Européenne (directive CEE du 2. 4. 79) et font l'objet d'une Loi française de protection votée à l'unanimité le 3. 1. 86. Mais cet arsenal juridique ne décourage ni les aménageurs, ni les élus locaux dans leur frénésie de réalisations. Rappelons que le parc immobilier en France a été multiplié par 2 en 20 ans, tandis que celui des cantons littoraux du sud de la France a été décuplé, sans compter les constructions et extensions sauvages, les « cabanes », le camping, le caravaning, l'hébergement en gîte, à l'hôtel et chez l'habitant. Face à l'afflux d'estivants en saison où l'eau se raréfie, les systèmes d'épuration des communes littorales sont saturés et polluent inévitablement les étangs littoraux. A partir de 1998, l'urbanisation des côtes françaises a dépassé le taux de 50 %. Le plan RACINE Les étangs montpelliérains ont subi dans les années 1960 l'aménagement du littoral du Languedoc Roussillon au travers d'une mission interministérielle appelée RACINE. Il s'agissait d'attirer massivement les touristes et de créer une « industrie » touristique régionale aux dépens d'un milieu naturel rare et limité. Pourquoi privilégier le littoral alors que de nombreuses villes et villages en France souhaitent accueillir des vacanciers ? Pourquoi entasser 10 % de la population sur 3 % du territoire pendant deux mois ? Si la réponse est introuvable, le résultat est là : destruction des biotopes, accumulations hâtives de lotissements et découplage constructions / activités économiques qui rendent ces villes balnéaires inaccessibles aux travailleurs locaux. Les milliers de voiliers, très coûteux, inutilisés ou pourrissants dans les ports de plaisance et parcs de gardiennage de la région, montrent que le plan Racine fut une vaste tromperie. Avec la décentralisation, des élus arrivés aux affaires n'acceptent pas que des réglementations tentent de mettre un frein à une urbanisation frénétique et dévastatrice. Les entrepreneurs (bâtiment, génie civil, carriers, cimentiers, fabricants de matériaux de construction, équipementiers, etc. ) ne voient que le chiffre de leurs affaires et le taux de profit afférant. Les opérations décidées périodiquement d'en haut, sous l'appellation toujours en vigueur de « mesures en faveur des entreprises », visent à renflouer le secteur du B. T. P. sans rapport avec le fait avéré qu'il manque 500 000 logements sociaux en France. On peut comparer, de ce point de vue, le délabrement de l'habitat traditionnel dans les Hauts Cantons des départements méditerranéens et au coeur de villes anciennes comme Béziers (1500 demandes d'HLM non satisfaites, des milliers de taudis insalubres)