L'enfer vert: la dictature durable
7 pages
Publié par
Pr. Dr. R. Raynal
Copyright :
Tous droits réservés
Lʼenfer vert
Vers une dictature durable
Le texte que vous allez lire, pure fiction, se base toutefois, hélas, sur des mesures et
des idées réellement proposées par les tenants de l écologie dite "profonde" .
Ces éléments
(sauf...
[Plus]
Lʼenfer vert
Vers une dictature durable
Le texte que vous allez lire, pure fiction, se base toutefois, hélas, sur des mesures et
des idées réellement proposées par les tenants de l écologie dite "profonde" .
Ces éléments
(sauf le dernier à entrer en scène), inconsidérément repris par des ignorants affichant
pourtant les meilleures intentions, font le lit d un totalitarisme futur dont rien, dans l histoire,
hormis peut-être la sanglante épopée des Khmers rouges, ne peut nous donner l idée.
Le
fait que nombre de ces arguments aient été repris par un activiste béat, et que les candidats
à l élection présidentielle de 2008 y aient souscrit, laisse augurer du pire.
Ce texte n est pas un manifeste pour une insouciance environnementale ou un laxisme
industriel: il est indispensable de prendre soin de l environnement, d éviter, autant que
possible, les dommages inutiles.
Mais cela ne peut se réaliser qu en mettant de la raison en
toutes choses, et en refusant de considérer notre civilisation comme une simple variable
dʼajustement.
À défaut, la seconde révolution culturelle aura lieu, et les lignes qui suivent
seront, hélas, prémonitoires.
.
.
Il sʼéveilla, son souffle dessinant un instant une arabesque de vapeur dans lʼair froid de
la chambre.
En application des directives du ministère de la sauvegarde, son unité
dʼhabitation ne chauffait les chambres quʼà 10°C, et, finalement, cʼétait assez peu, malgré
lʼisolation renforcée de lʼénorme bâtiment où vivaient 3000 familles.
Son unité
écoresponsable dʼhabitations était un prototype des nouvelles installations collectives, car il
était apparu que la sauvegarde de la planète impliquait lʼabandon de lʼhabitat individuel,
consommateur dʼespaces, de services et générateur de déplacements indus, au bénéfice
dʼun mode de vie communautaire et resserré, minimisant les transports et réduisant
lʼempreinte carbone (1).
Ainsi avait-on applaudi à la résurrection des barres dʼimmeubles
que les anciens opposants avaient qualifiées de néostaliniennes, avant que ce mot ne soit
rayé des dictionnaires par le comité des réviseurs de la doctrine, et que les opposants ne
disparaissent.
Hassan n eut aucun mal à trouver un vélo parmi la centaine mise librement en location:
dans sa barre, la minorité de ceux occupant un emploi ne commençait pas si tôt le travail.
Bien que lʼétat des bicyclettes, mainte fois recyclées, ne soit plus satisfaisant, elles restaient
utilisables, indispensables même sur les routes défoncées par la raréfaction des
réparations.
En effet, le bitume était dʼun emploi exceptionnel: il provenait du pétrole,
matière première taxée à présent or de toute proportion, même si sa disponibilité
internationale restait élevée (au prix, selon le ministère de la vertu, d une intolérable atteinte
à l ordre naturel que de nouveaux efforts de la nation allaient permettre d enrayer).
Bien
entendu, des contingents de détenus, spécialement des réfractaires, étaient employés à
empierrer les routes selon les anciens préceptes des voies romaines, mais leur ardeur
laborieuse était freinée par la faible disponibilité de la matière première, les carrières nʼétant
pas envisageables et la matière première provenant des anciennes maisons individuelles ou
des monuments écologiquement décadents, comme les piscines individuelles par exemple,
devenus à présent source de matériaux écoresponsables.
La journée était importante pour Hassan: c était aujourd hui que les inspecteurs de la
démographie durable allaient lui remettre son permis de procréer, du moins l espérait-il (2).
[Moins]
Insérez un miniCalaméo dans votre page Web ou votre blog