Violence des image sur www.huyghe.fr
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L image, la violence et l interdit
(des textes publiés sur http://ww.
huyghe.
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Absence, occultation et refus modernes de l’image
L’image est si présente autour de nous que nous nous répétons volontiers que nous sommes
dans...
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L image, la violence et l interdit
(des textes publiés sur http://ww.
huyghe.
fr )
Absence, occultation et refus modernes de l’image
L’image est si présente autour de nous que nous nous répétons volontiers que nous sommes
dans une « civilisation de l’image ».
Cela n’implique pas qu’elle règne sans obstacles ni
ennemis.
Bien au contraire.
Les racines de l’iconophobie remontent très loin dans l’histoire des religions (et pas
seulement des monothéismes).
Elle a aussi ses sources philosophiques anciennes.
Toutes
reprochent à l’image son inauthenticité : elle produit de fausses représentations, stimule de
fausses passions, n’offre qu’une fausse connaissance.
Créer des images (acte démiurgique
blasphématoire aux yeux du judaïsme et de l’Islam) c’est rivaliser avec Dieu.
C’est offrir des
substituts artificiels à une adoration qui ne devrait aller qu’au divin ou au vrai.
C’est risquer
l’idolâtrie.
Une image est incapable de bien représenter le Créateur, ou les choses sacrées,
comme elle déforme les Idées qu’elle incarne (pour Platon l’idée de lit est plus vraie et
supérieure à celui que fait le menuisier comme ce dernier l’est lui-même au lit peint).
Outre qu’elle appauvrit l’ineffable, l’image détourne l’amour humains vers des artifices et
incite aux plaisirs terrestres qu’ils suggèrent.
Là encore la thèse de Platon – les hommes
contemplant des imitations, séduits par elles, s’éloignent de la conduite juste par mimésis et
désir - n’est pas sans rapport avec les condamnations théologiques de l’image incitant au
péché.
Bref, l’image mystifie, distrait et excite.
Son ambiguïté fondamentale– ne pas être ce
qu’elle représente, mais ressembler à ce qu’elle n’est pas – lui vaut une double suspicion :
fictive, elle trompe, faite à l’imitation d’une autre réalité, elle est source de désordre.
Des arguments similaires nourrissent les résurgences modernes de l’iconoclasme.
Lorsque les
talibans afghans interdisaient cinéma et télévision ou dynamitaient les Bouddhas géants de
Bamyian avant 2001, ils obéissaient à cette même logique : l’image détourne du Vrai et du
Bien…
Tout cela ne va pas sans contradictions : les mêmes talibans détruisaient et brûlaient des
icônes (ou des pellicules photographiques) devant les caméras.
Et les jihadistes salafistes (se
réclamant de la tradition des « pieux ancêtres » ennemis de l’image) utilisent la télévision
mieux que le pays qui a inventé Hollywood.
L’icône de ben Laden est davantage reproduite
que celle de Che Guevara.
Les images d’attentats, d’exécutions, de prédication ou
d’entraînement d’al Qaïda…, prolifèrent sur la Toile.
Sans doute parce leurs auteurs les
considèrent comme pédagogiques et édifiantes.
Elles montrent le châtiment des méchants et
des renégats.
La technique dans l’image
Au-delà de cette antique hostilité envers les représentations, la méfiance contemporaine
envers les images se nourrit d’autres griefs, à commencer par leur caractère technique d’où
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