Le_Labo_rencontre_n°6
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Le labo des Clionautes, n°5 du 15 mai 2008 1
Numéro 6 du
15 septembre
2008
http://www.
clionautes.
org
C’est à l’occasion du Premier Forum
des Professeurs innovants, qui s’est tenu à
Rennes en mars 2008, que Les Clionautes
ont...
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Le labo des Clionautes, n°5 du 15 mai 2008 1
Numéro 6 du
15 septembre
2008
http://www.
clionautes.
org
C’est à l’occasion du Premier Forum
des Professeurs innovants, qui s’est tenu à
Rennes en mars 2008, que Les Clionautes
ont rencontré Evelyne Héry, maître de
conférences à Rennes II, auteur de
l’ouvrage Les pratiques pédagogiques dans
l’enseignement secondaire au XX° siècle.
L’Harmattan, 2007.
247 pages.
- De quelles sources avez-vous disposé
pour travailler ? Quelles en étaient leurs
limites ?
Evelyne Héry : Etudier l’histoire des pratiques
pédagogiques « au plus près du terrain », est une
entreprise difficile pour l’historien.
La très grande
majorité des heures quotidiennes de classe ne laisse
aucune trace.
Il faut alors constituer ses sources à
partir de documents divers et dispersés, produits par
des acteurs qui ont une position sociale et des points de
vue différents.
Le tout forme ainsi une sorte de
patchwork, qui plus est, troué parce que l’information
est fortement lacunaire.
Parmi les sources les plus
riches, je citerai : les rapports d’inspection, contenus
dans les dossiers personnels des professeurs, qui nous
introduisent au cœur de la classe ; les revues
pédagogiques (Revue universitaire, Cahiers
pédagogiques, …), parce qu’on y trouve le récit
d’expériences et la trace des débats pédagogiques
majeurs du siècle ; enfin les témoignages d’acteurs,
recueillis directement ou non.
J’ai peu utilisé dans cet
ouvrage les documents résultant de l’activité des élèves
(copies, cahiers) parce que je n’ai vraiment effectué ce
travail que pour les cours d’histoire à partir des cahiers
d’une élève en classe de philosophie en 1947/48.
Beaucoup de choses restent à faire.
Par exemple,
l’histoire des pratiques croise celle des espaces et du
temps scolaires, de leur aménagement, et cette
dimension n’est qu’effleurée dans l’ouvrage.
- Pourriez-vous présenter la
revue universitaire ?
La Revue universitaire est une revue
méconnue, alors qu’elle fourmille
d’informations.
Son lancement est patronné
par treize professeurs de la faculté des
lettres de Paris et onze professeurs de lycées
parisiens.
Le premier numéro est publié le 15
janvier 1892.
Elle se veut alors un lieu
d’échanges entre les professeurs de
l’enseignement supérieur et ceux des lycées
et est un peu la tribune des expériences
méritant d’être discutées.
Son comité de
patronage entend en effet poser la question
de la rénovation des études secondaires qui aboutit à
l’élaboration du plan d’études de 1902.
Florissante pendant
l’entre-deux-guerres, elle s’intéresse de moins en moins à
la pédagogie après 1945 et devient davantage un outil
bibliographique.
- Quels sont les principaux obstacles
auxquels se sont heurtés les enseignants qui
ont innové dans leur classe ?
Un des obstacles majeurs qu’ont rencontrés les
enseignants du secondaire qui ont innové dans leurs
classes me paraît être l’isolement, le sentiment de n’être,
en dehors de quelques moments « de grâce », soutenus ni
par l’administration ni par les parents voire les élèves euxmêmes.
Innover a été le plus souvent un acte individuel,
au mieux, à partir des années 1970, celui d’équipes
restreintes.
Cela peut s’expliquer par le fait, ce que j’essaie
de montrer dans l’ouvrage, que, historiquement, la
fonction même de l’enseignement secondaire, grâce au tri
qui lui réservait les meilleurs élèves, n’a pas encouragé
l’innovation et il en est resté des traces dans la culture
enseignante.
À mon avis, les barrages mentaux, conscients
ou non, à l’innovation pédagogique, ont joué un rôle plus
important dans le secondaire que dans le primaire.
Mais, si
le cours continue finalement d’être un des marqueurs de
l’identité professorale, il s’est toujours trouvé des
enseignants qui ont essayé d’enseigner autrement.
L’innovation n’a pas surgi en 68 ou dans les années
Mitterrand !
- Quelle est la place de l équipement
matériel dans cette innovation ? Quelle est la
place des nouvelles méthodes ?
L’introduction dans l’enseignement des techniques
modernes d’information et de communication a été sans
conteste un des facteurs de l’évolution des méthodes
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