Lutter et croire - Félix Lacambre
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Avant-propos
RENVERSER LES PUISSANTS.
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Fils d ouvrier agricole à l instruction plus que modeste, je n ai rien d un prototype.
Plus habitué à agir qu à théoriser, à rendre compte du quotidien plus que de l histoire,
j existe...
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Avant-propos
RENVERSER LES PUISSANTS.
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Fils d ouvrier agricole à l instruction plus que modeste, je n ai rien d un prototype.
Plus habitué à agir qu à théoriser, à rendre compte du quotidien plus que de l histoire,
j existe par les autres et par mon enracinement humain.
Limité physiquement et dans
tous les domaines, je cherche Dieu comme des millions de mes frères .
Que peut bien avoir à dire un tel homme à ses semblables ? Au seuil de ces pages, la
question se pose.
La réponse ne va pas de soi.
Des amis très chers ont insisté pour que J écrive “pour quoi je vis”.
j ai fini par
accepter, ne mesurant pas l effort qui m était demandé.
Huit jours par-ci, trois jours
par-là, il m a fallu deux ans pour tenir mon engagement.
Je suis allé jusqu au bout en
souvenir de Robert Buron, dont le livre, "Par goût de la vie", est paru dans cette
commection.
Ce livre est son testament spirituel, rédigé alors qu il se savait
condamné.
J ai connu Robert il y a plus de vingt-cinq ans, j ai travaillé avec lui durant
dix ans.
Par la maladie, par l action politique, par l itinéraire : des républicains
populaires au parti socialiste, par la foi du croyant vécue dans cet engagement, je me
suis senti très proche de lui.
Nous venions pourtant de deux mondes différents luila bourgeoisie urbaine, moi des
ouvriers ruraux.
Par des routes opposées, juin par les responsabilités nationales, moi
par la base.
Avec des mentalités liées à nos milieux sociaux et des cultures sans
références communes, lui par les humanités classiques et les brillantes études
politiques, moi par l école primaire et l autoformation des organisations ouvrières.
Comme quoi la conscience de classe n est pas un obstacle à la communication et à la
fraternité.
Sans doute faudrait-il évoquer ici d autres portraits : Eugène Descamps, Gilbert
Declercq, Fredo Krumnov de la C.
F.
D.
T.
qui ont écrit récemment leurs témoignages,
ceux et celles qui travaillent et qui militent dans ma propre entreprise et dans la
profession, les camarades de l Action catholique ouvrière, des aumôniers, des
religieuses, quelques évêques d aujourd huî et d hier qui m ont porté ou me portent
encore, souvent sans le savoir.
Et des amis plus proches, hommes et femmes.
Et ma
famille.
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Notre foyer a partagé profondément cet engagement dans le monde et cette
quête de Dieu.
Aujourd hui, enfants et petits-enfants poursuivent à leur place ce
double projet qui, pour nous, n en fait qu un.
Non sans peine, ni sans services.
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Le bonheur le plus insigne de l homme mûr, c est de voir que la trajectoire de sa vie
est la même que celle de ceux qu il aime.
Non pour se survivre ou se refléter dans un
miroir.
Mais parce que ce pour quoi Il vit, ce sont à la fois des projets et des
personnes.
Ceux pour qui il vit, ce sont aussi ceux par qui il vit.
"Pourquoi je
vis ?" La question est difficile.
Elle suppose une halte, une récapitulation, une remise
à jour de ses projets d homme.
Un peu comme au moment de la mort, un moment
qu aucun d entre nous n imagine de gaieté de coeur.
Au lieu de s interroger sur le
pourquoi, nevaudrait-il pas mieux se contenter de vivre.
Sans doute.
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Et de mourir.
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bien sûr.
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Pour un homme qui a dépassé la cinquantaine, réfléchir sur ce "pour quoi il vit, c est
en même temps dresser l inventaire du comment il a vécu.
A plus forte raison pour
[Moins]
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