Dès l’atterrissage, le ton est donné. Aéroport Napoléon Bonaparte, qui l’eut cru ? On entre ainsi de plain-pied dans la cité natale du Corse le plus connu du monde. Oublié le fier Ajax, le prestigieux héros grec de qui la... [Plus]
Dès l’atterrissage, le ton est donné.
Aéroport Napoléon Bonaparte, qui l’eut cru ? On entre ainsi
de plain-pied dans la cité natale
du Corse le plus connu du monde.
Oublié le fier Ajax, le prestigieux
héros grec de qui la ville revendique pourtant d’avoir tiré son
nom.
Balayés d’un revers de
main Sampiero Corso et Pasquale Paoli, les tenants de l’indépendance de leur pays.
Rangé aux
oubliettes de l’Histoire, le roucoulant Tino Rossi, né à Ajaccio, qui
a tant fait rêver nos grandsmères.
Mais gloire encore et toujours à l’empereur de tous les
Français et à son encombrante
parentèle.
Il est partout ici.
En
toge à la romaine, en Petit Caporal, en Premier Consul, à cheval,
à pied et… en masque mortuaire.
On ne compte plus les cours,
quai, rue, place à son nom et les
artères innombrables consacrées
au Roi de Rome, son fils, à Letizia Bonaparte ou à Madame
Mère, sa mère née Ramolino, au
roi Jérôme son frère, au cardinal
Fesch son oncle, à Élisa Bacciocchi sa sœur… Sans oublier
l’hymne local L’Ajaccienne, qui
lui rend hommage, « Avec cette
seule devise, Napoléon, Napoléon », chanté pour la première
fois le 15 avril 1848 et entonné
depuis à tout bout de champ.
Sur les traces
de Bonaparte
Vous l’avez compris, c’est sur les
traces du jeune Buonaparte que
nous allons marcher.
En commençant tout naturellement par son
foyer natal.
S’il ne reste pas grand-chose de
la maison originelle (elle fut
pillée en 1793) sinon les murs et
leur décoration récemment dégagée, elle n’en demeure pas moins
le lieu où il naquit le 15 août
1769, jour de l’Assomption devenu par la suite fête de Napoléon !
La tradition rapporte qu’il serait
venu au monde sur le canapé
exposé aujourd’hui dans une des
chambres.
Bustes, portraits, autographes, arbres généalogiques,
souvenirs de batailles remportées, retracent le parcours prestigieux de celui qui y revint pour la
dernière fois, et pour sept jours,
début octobre 1799, à son retour
d’Égypte.
Par la suite, il ne remettra jamais plus les pieds en Corse.
Étape suivante, la cathédrale de
style Renaissance dédiée à la
Sainte-Croix.
C’est ici qu’il fut
baptisé, près de deux ans après
sa naissance, en même temps
que sa sœur Élisa, sur les fonts
baptismaux de marbre blanc toujours présents.
C’est là qu’il désirait être enterré au cas où son
corps serait rapatrié de SainteHélène et indésirable à Paris.
Quant au maître-autel, c’est un
cadeau fait à la ville en 1811 par
Élisa.
Au fond à gauche, on peut
aussi voir la chapelle funéraire
des Bonaparte qu’ils utilisèrent
jusqu’à la construction, en 1860,
de la Chapelle impériale qui les
abrite maintenant.
Cette dernière
comme le palais Fesch et la
bibliothèque fondée en 1800 par
Lucien Bonaparte sont fermés au
public pour cause de restauration.
Il vous faudra patienter jusqu’en juin 2010 !
L’enfant partit de Corse à l’âge
de neuf ans pour aller étudier sur
le continent et être reçu à l’école
royale militaire de Brienne.
Jusque-là, il avait été élève des jésuites dans une école, mitoyenne de
Saint-Érasme, qui existe encore,
près de la citadelle.
Il ne revint
dans son île que sept ans et demi
plus tard, en 1786, à l’occasion
d’un congé scolaire.
Cap ensuite sur l’Hôtel de ville
pour un salon Napoléonien qui
n’usurpe pas son nom.
Il est en
effet entièrement consacré à l’enfant du pays et aux siens.
Portraits de Napoléon en costume
de sacre dû à Gérard, de Louis,
de Joseph, de Charles Marie, le
père.
Le mobilier vient des palais
romains de l’oncle prélat, ici portraituré, ainsi que les œuvres
d’art.
Masque mortuaire et petite
cuillère utilisée par l’empereur
mourant rappellent son décès à
l’autre bout du monde.
Jusqu’à la tour Capitello
On terminera en ralliant les différentes effigies à sa gloire dispersées dans la ville.
Fontaine des
Quatre Lions place des Palmiers
et sa statue en premier consul ;
monument, surnommé ici « l’Encrier », où il figure à cheval en
empereur romain, entouré de ses
quatre frères, place du Diamant ;
buste de l’Aiglon son fils, square
Letizia ; plan incliné au sommet
duquel il se tient, colossal, en
redingote, place d’Austerlitz.
À
ses pieds une grotte.
On raconte
qu’enfant il venait souvent s’y
réfugier.
On pourra encore pousser jusqu’à la tour de Capitello, à l’embouchure conjointe de la Gravona et du Prunelli.
C’est d’ici que
le futur empereur vint, le 1er
juin
1793, chercher à bord d’un sloop
sa mère, ses sœurs Elisa et Pauline, et son oncle Fesch qui
fuyaient les partisans du général
Pasquale Paoli.
Lui avait choisi le
camp français.
Et pour suivre en
pensée la fuite de la famille vers
Toulon, rien de tel que de prendre un bateau sur ses traces.
Et profiter de l’occasion pour
admirer la côte jusqu’à la réserve
naturelle de Scandola et les calanques de Piana, splendeurs maritimes garanties.
Janine Trotereau
Visite à Corte par le trinichellu
En voiture maintenant pour Corte par le trinichellu, le train qui
relie Ajaccio à celle qui fut capitale de la nation corse entre
1755 et 1769 sous le gouvernement de Paoli.
Pour une exposition passionnante dédiée aux
liens existant entre Napoléon et
la Corse.
Elle tente notamment
d’apporter des éclaircissements
sur les rapports ambigus que
l’empereur a entretenu avec son
pays natal et sa ville d’origine
tout au long de son règne.
Des
portraits, certains célèbres,
d’autres non, des bustes, des
documents, des estampes, des
gravures, des lettres, provenant
de partout (Corte, Ajaccio, Bastia, Morosaglia, La Malmaison,
Bois-Préau, Versailles, Trianon,
Sèvres, Paris, Lyon, Londres, Arenenberg en Suisse…) étayent un
parcours impérialement mis en
scène.
Mais aussi de nombreux
objets lui ayant appartenu, de
son célèbre chapeau de soie (on
dit qu’il s’en serait fait faire quelque cent cinquante au cours de
son existence !) porté durant la
campagne de Russie à sa boussole d’adolescent, de certificats de
patriotisme à son nom au
manuscrit de Sainte-Hélène.
Nombre d’entre eux proviennent
de collections particulières corses et, pour certains, jalousement conservés, n’avaient
jamais été ni montrés, ni répertoriés.
C’est dire s’ils sont à voir
avant qu’ils ne retournent dans
leur cachette.
Alors Napoléon,
empereur corse ou français ?
À vous de juger.
Le port Tino Rossi.
Le célèbre
chanteur, a lui aussi laissé sa
marque dans sa ville natale.
SE RENSEIGNER
- Office de tourisme d’Ajaccio,
3 boulevard du Roi Jérôme.
Tél.
04.
95.
51.
53.
03.
www.
ajaccio.
fr
- Agence du tourisme de la Corse,
17 boulevard du Roi Jérôme.
Tél.
04.
95.
51.
00.
00.
www.
visit-corsica.
com
- Gare ferroviaire d’Ajaccio.
Tél.
04.
95.
23.
11.
03.
- Nave Va, 15 boulevard Sampiero,
pour des promenades en mer jusqu’à Scandola.
Tél.
04.
95.
21.
83.
97.
www.
naveva.
com
Y ALLER
- Bons plans: Tél.
08.
92.
23.
40.
30.
www.
la-corse.
travel
- Vols secs AR en avion, ou avec
location de voiture Avis.
Tous les
samedis au départ de Brest (jusqu’au 10 octobre), de Quimper et
de Rennes (jusqu’au 26 septembre).
Exemple de prix pour un AR
Brest-Ajaccio + voiture de catégorie B avec kilométrage illimité et climatisation (ce qui peut réellement
servir): entre 486 et 508 ¤, selon
la date de départ.
488 ¤, à partir
de Rennes.
Nombreuses formules
également avec hébergement.
Et
circuits possibles.
VISITER
- Visite guidée de la ville sur le thème impérial, les samedis 5 et
12 septembre 2009 à 14 h.
À retenir à l’office de tourisme d’Ajaccio.
10/8 ¤.
- Musée national de la Maison
Bonaparte, rue Saint-Charles.
Tél.
04.
95.
21.
43.
89.
Ouvert tous les jours, sauf le lundi,
de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h.
Entrée 6 ¤.
- Jusqu’au 27 septembre, exposition « Un vaisseau de l’expédition
de Sardaigne en 1793 ».
Le premier combat de Bonaparte.
- Hôtel de ville, place Foch.
Salon
Napoléonien ouvert tous les jours
sauf les samedis, dimanches et
jours fériés, de 9 h à 11 h 45 et
de 14 h à 16 h 45, et de 9 h à
11 h 45 et de 14 h à 17 h 45 du
15 juin au 15 septembre.
Entrée:
2,30 ¤.
Le reste de l’année, ouvert
tous les jours sauf dimanche, lundi
et jours fériés, de 10 h à 18 h.
Tél.
04.
95.
51.
52.
62.
- Musée de la
Corse, Citadelle de Corte, 20250
Corte: du 22 juin au 21 septembre, ouvert tous les jours de 10 h
à 19 h 45.
Du 22 septembre au
31 octobre, ouvert tous les jours,
sauf le lundi, de 10 h à 17 h 45.
Le reste de l’année, tous les jours
sauf dimanche, lundi et jours fériés
de 10 h à 16 h 45.
Entrée
5,30 ¤.
Exposition Napoléon et la
Corse jusqu’au 31 décembre.
Napolissons est un parcours spécialement conçu pour les enfants comme un jeu de sept familles géant
qui se clôt par un film d’animation
Les sept visages de Napoléon
Bonaparte.
De quoi s’instruire en
s’amusant.
Tél.
04.
95.
45.
25.
45.
SE RESTAURER
- Grand Café Napoléon,
10 cours Napoléon à Ajaccio.
Tél.
04.
95.
21.
42.
54.
Ne vous laissez pas impressionner
par les personnalités qui viennent
déjeuner ici.
L’assiette en vaut vraiment la peine et le cadre, donnant
sur la verdure, très élégant est à
recommander.
À moins que vous
ne préfériez la terrasse.
- Don Quichotte, 7 rue des Halles.
Tél.
04.
95.
21.
27.
30.
Menu à l’ardoise 28 ¤.
Cuisine méditerranéenne et pizzas.
Un bon point pour la
soupe des Sanguinaires au brocciu
(fromage de brebis) frais.
PhotoDeniseChevalier
PhotoDeniseChevalier
Ajaccio
s’enorgueillit
d’avoir vu naître
un certain
Napoleone
Buonaparte.
On ne compte plus
les effigies de
l’illustre
personnage qui
émaillent la cité.
Partir à leur
recherche est un
prétexte ludique
pour découvrir une
ville sise sur l’un
des plus beaux
golfes de France.
PhotoDeniseChevalier
PhotoJanineTrotereau
PhotoDeniseChevalier
Corse.
Ajaccio l’impériale
> Carnet de route
Voyage
Bastia
MER
MÉDITERRANÉE
30 km
Piana
Ajaccio
CORSE
Corte
39.
Mardi 25 août 2009 Le Télégramme
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