A MAIN LEVEE
Un simple petit geste montant : un bras, un coude, un avant-bras, une main et ses doigts dressés
vers le plafond.
Le mouvement était anodin et n'avait rien de compliqué, mais la répercussion de cette
action physique avait quelquefois des effets inattendus.
La main levée du « Madame, j'peux aller faire
pipi ? » de...
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A MAIN LEVEE Un simple petit geste montant : un bras, un coude, un avant-bras, une main et ses doigts dressés vers le plafond. Le mouvement était anodin et n'avait rien de compliqué, mais la répercussion de cette action physique avait quelquefois des effets inattendus. La main levée du « Madame, j'peux aller faire pipi ? » de notre enfance ou du « Voté à l'unanimité ! » de nos fastueuses élections du bureau associatif ne restaient que rarement gravés dans nos annales mémorielles, mais quand ce ridicule déplacement de mon membre supérieur me mit en cette situation inextricable, je me rendis compte à quel point il pouvait être important. Il y a encore quelques jours, nous n'étions que cinq disciples attablés autour du bureau de notre grand patron. Ce terme de grand n'était d'ailleurs pas tronqué ; du haut de son mètre quatre-vingtquinze, toujours debout derrière la table, il semblait vouloir contrôler la naissance de nos calvities ou, pour les dames, la coloration de leurs racines.
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Par Ville de Paray le Monial
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Publiée le 5 Mai 2008
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LA VENGEANCE DE MAHIR
C'était à une époque où, comme dans celles qui la précédèrent ou la suivirent, les
hommes, partout, se faisaient la guerre.
Sept siècles après la mort du Prophète, le rêve d'unité de ses
descendants ne s'était toujours pas réalisé.
La terre, à cette époque, était encore plate ; vue du ciel,...
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LA VENGEANCE DE MAHIR C'était à une époque où, comme dans celles qui la précédèrent ou la suivirent, les hommes, partout, se faisaient la guerre. Sept siècles après la mort du Prophète, le rêve d'unité de ses descendants ne s'était toujours pas réalisé. La terre, à cette époque, était encore plate ; vue du ciel, elle ressemblait à un vaste champ parsemé ça et là de fourmilières qui s'affrontaient en des combats incessants. Au milieu de ce chaos, les anges qui habitent le ciel pouvaient distinguer un trait, un chemin grouillant d'insectes, une ligne très fine, barrant le sud de l'Asie du levant au couchant, semblable à ces colonnes de fourmis qui se constituent pour acheminer jusqu'au fond de leur terrier les myriades de bouchées que leur prodigue une source de nourriture. Cette ligne, reliant les forêts de Thrace aux sommets de l'Hindou-kouch, était nommée «Route de la Soie». Toutes les races, toutes les religions, toutes les langues s'y côtoyaient : Chameliers d'Arabie, bijoutier
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MES JOLIES MAINS ET MOI
_ Alors Elisa, tu peux me dire pourquoi tu es ici ?
_ C'est à cause de mes mains.
_ De tes mains ?
_ Oui de mes mains.
_Qu'est-ce qu'elles ont tes mains ?
_ Elles sont vilaines.
_ Ah oui ?
_Oui.
_ Tu peux m'en dire un peu plus ?
_ Non.
_ Tu ne peux pas m'en dire plus ou tu ne le veux pas ?
_ C'est pareil....
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MES JOLIES MAINS ET MOI _ Alors Elisa, tu peux me dire pourquoi tu es ici ? _ C'est à cause de mes mains. _ De tes mains ? _ Oui de mes mains. _Qu'est-ce qu'elles ont tes mains ? _ Elles sont vilaines. _ Ah oui ? _Oui. _ Tu peux m'en dire un peu plus ? _ Non. _ Tu ne peux pas m'en dire plus ou tu ne le veux pas ? _ C'est pareil. _ Vois-tu Elisa, moi je ne crois pas que ce soit pareil. Soit tu ne peux pas m'en. . . _ Je ne veux pas. _ Très bien. Est-ce que tu pourrais me dire pourquoi tu ne veux pas ? _ Parce que. _ Tu peux préciser ? _ Non. _ D'accord. Alors on va laisser ça de côté et on va parler un peu d'autre chose. Dis-moi Elisa, tu as des frères et sœurs ? * * * * * Je m'appelle Elisa, j'ai neuf ans et demi, et aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, je suis allée voir un psy. J'avais pas envie d'y aller, mais c'est maman qui m'a forcée. Elle pensait qu'un psy pourrait m'aider. Mais j'ai pas besoin d'aide. Et j'ai surtout pas besoin d'un psy. Les psys, c'
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Souviens-toi d'Hannah
Grand-père les avait quittées depuis deux ans.
Il n'était pas parti seul.
Avant de fermer son cercueil, Maman avait glissé le tableau sous ses bras.
Elle avait pleuré en souriant,
caressé ses mains une dernière fois, effleuré la toile, puis elle avait éloigné ses filles de ce silence glacial,...
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Page 1 Souviens-toi d'Hannah Grand-père les avait quittées depuis deux ans. Il n'était pas parti seul. Avant de fermer son cercueil, Maman avait glissé le tableau sous ses bras. Elle avait pleuré en souriant, caressé ses mains une dernière fois, effleuré la toile, puis elle avait éloigné ses filles de ce silence glacial, privé des rires tendres de l'aïeul. Salomé ne gardait que des reflets imprécis de leur grand-mère : des yeux doux, un chignon lumineux, peutêtre une odeur de lavande. . . Elle était trop petite pour se rappeler. Elsa avait sept ans à la mort de Grand-mère. Elle ressentait encore son regard vert, indéfinissable. Elle se souvenait de sa peau douce, de ses bras enveloppants. Des murmures, des sons, des chants oubliés venaient quelquefois la surprendre. Et surtout, l'image de cette main agile qui voyageait sur le piano. Grand-mère prenait Elsa et Salomé sur ses genoux pour leur conter à mi-voix des histoires merveilleuses, accompagnées d'harmonies chuchotées au
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